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lundi 29 septembre 2014

actualité : trous de 15 pouces


   Québec - ''Si vous aviez entendu les cris de joie! Si vous aviez vu les beaux sourires! Franchement, ce fut une belle journée!''
   Même s'il était à des kilomètres et que l'entrevue se faisait au téléphone, il était facile de constater toute la joie qui gagnait Martin Ducharme au lendemain d'une journée particulière sur le parcours du Domaine Château Bromont, une journée où les trous sur les verts avaient 15 pouces de diamètres. Le directeur du terrain de golf avait peine à cacher sa satisfaction.
   ''Ce fut un succès'', a-t-il continué, enjoué de raconter cet événement regroupant 160 personnes, des gens de l'industrie du golf, des journalistes et des golfeurs réguliers. C'était la première fois, ce 25 septembre 2014, qu'une journée de golf avec des coupes de 15 pouces se tenait au Québec.
   ''Autant les puristes que tous les autres participants ont apprécié l'expérience, a insisté M. Ducharme. Ils ont même adoré cela!''
   Tournois sociaux
   Puis il défile les anecdotes de la journée avec entrain: les scores de 10 coups de moins, les cris de joie entendus tout au long de la journée et l'histoire de cette dame, golfeuse d'expérience qui a enfin cassé la marque de 100 grâce à ces trous qui, admettons-le, rend la partie plus facile.
   ''Le golf va toujours rester un sport faisant place à l'élite, a convenu Martin Ducharme, mais il faut maintenant amener plus de gens à fréquenter les terrains. Si cette formule permet juste à des personnes de jouer une ou deux parties de plus pendant la saison, c'est déjà beaucoup.''
   Dès le lendemain, le Domaine Château Bromont répétait l'expérience pour le grand public et tous les départs de la journée entière ont été réservés, quelque 210 golfeurs ont foulé les allées du club ce jour-là. Pour l'occasion, les fanions étaient plantés dans les coupes de 15 pouces mais sur les verts, il y avait aussi des trous réguliers de quatre pouces pour ceux et celles désirant jouer une partie normale.
   ''On n'installera pas cette formule de façon permanente, pas du tout, a-t-il dit. Sauf que pour certaines occasions, comme des tournois sociaux, sûrement! Et pourquoi pas si l'on peut accélérer le jeu.''
   Taylor Made
   Selon Pierre-Luc Bergeron, de B2Golf à Lévis, cette idée d'installer des trous de 15 pouces de diamètre sur les verts est apparue sur le site web Hack Golf où les amateurs suggèrent des idées pour relancer le golf.
   ''C'est la compagnie Taylor Made qui est derrière ce principe, a-t-il précisé. Justin Rose et Sergio Garcia ont même participé à une vidéo promotionnelle à ce sujet. Il faut comprendre que le golf est déjà un sport tellement difficile, si cette idée peut faciliter le jeu, on ne peut qu'apprécier.''
   À l'Association des terrains de golf du Québec, le conseiller en gestion, M. Charles Beaudoin, a ajouté que Taylor Made s'est aussi associé avec Jack Niklaus pour promouvoir cette idée.
   ''Cela s'inscrit dans les démarches pour relancer l'industrie, comme celle de créer des parcours de 12 trous, a mentionné M. Beaudoin. Ce projet ne changera en rien la compétition traditionnelle, mais si l'on peut améliorer le temps de jeu, si l'on peut attirer davantage de participants lors des tournois d'entreprises ou sociaux, tant mieux! Le but n'est rien d'autre que de ramener le plaisir sur le terrain.''
   Apprentissage
   Bref, les intervenants du golf semblent enchantés par cette idée de rendre le jeu plus facile en installant des trous surdimensionnés. Cela ne signifie pas pour autant que la conversion va se généraliser mais au moins, des idées sont lancées pour aider une industrie qui doit s'ajuster à de nouvelles réalités économiques.
   ''L'initiative est louable mais personnellement, je ne crois pas que cela pourra s'appliquer de façon générale, a émis Steve Careau du club Le Grand Vallon. Pour les inconditionnels, non, ce ne sont pas des trous pour eux. Toutefois, dans un contexte d'apprentissage et de développement, cela devient intéressant. La relance du golf passe par plusieurs initiatives et celle des trous de 15 pouces en est une parmi d'autres.''
   Est-ce que plusieurs clubs vont tenter l'expérience? L'avenir le dira sauf que, parole de Martin Ducharme, au Domaine Château Bromont, c'est sûr que cette activité va revenir en 2015.


  *Droits d'auteur Martial Lapointe. Toute reproduction de ce texte doit recevoir l'approbation de l'auteur.
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Premier anniversaire New Liverpool Steakhouse


  Lévis - En avril 2013, lors de la dernière journée du camp d'entraînement de B2Golf en Virginie, quatre complices se retrouvent au Golden Horseshoe, un magnifique terrain dans le coin de Williamsburg. L'un d'eux lance alors l'idée de s'associer pour ouvrir ensemble un restaurant. Cinq mois plus tard, soit en septembre de la même année, le New Liverpool Steakhouse ouvrait ses portes à Lévis. Et ces quatres complices en question sont Maxime Beaulieu, Pierre-Luc Bergeron, Pierre-Luc Darveau et Alain Rioux. Ceux-ci sont déjà associés avec deux autres compagnons dans B2Golf, le groupe qui assure entre autres les services de pro au club de Lévis. ''C'est Alain, qui a déjà beaucoup d'expérience dans ce domaine, qui nous a suggéré ce projet, raconte Pierre-Luc Bergeron. On était alors sur un vert en train de putter. Puis on a discuté de cette idée tout le reste de la partie. Et voilà, cela fait maintenant un an que le resto est ouvert!'' Une petite soirée a été organisée récemment pour souligner ce premier anniversaire, soirée qui a connu un beau succès avec chansonnier, bonne bouffe et cocktail au programme.

jeudi 25 septembre 2014

portrait : catherine larouche



   Lévis - Il y a un peu plus de six mois, l'artiste peintre Catherine Larouche ne connaissait rien de rien au golf. Pourtant, récemment, de grands noms de ce sport la côtoyaient et signaient même des autographes sur ses oeuvres.
   ''Je n'avais jamais touché à cela jusqu'à ce que je sois ici, à ce tournoi'', racontait-elle lorsque rencontrée lors du Championnat de Québec qui se tenait, début septembre, au club La Tempête à Lévis.
   Derrière elle, se tenait Mark Calcavecchia. Le pro ne souriait guère. Il venait de terminer sa première ronde avec un douloureux triple bogey. Sauf qu'elle ne le savait pas et n'avait aucune idée des dommages associés à cette marque au moment où Calcavecchia a bien voulu signer le portrait qu'elle avait fait de lui.
Fred Funk a apprécié son portrait et n'a pas hésité à l'autographier.
   ''Je lui ai souhaité bonne chance pour le reste du tournoi mais cela n'a pas semblé l'emballer ou lui faire plaisir. Il a répondu que, de la façon dont il jouait, il aurait besoin de bien plus que de la chance'', avait-elle relaté, l'air triste, visiblement navrée pour celui qui venait de mettre sa signature sur l'une de ses oeuvres.
   Dans les minutes suivantes, Fred Funk s'amenait et la faisait sourire. ''Pourriez-vous améliorer mon nez'', lui lança-t-il alors à la blague en prenant le portrait dans ses mains pour y apposer son autographe.
   Un courriel
   Il a fallu un petit message dans sa boîte courriel, sur son site internet, pour que le golf entre soudainement dans la vie de Catherine Larouche, jeune artiste de Québec, native de Rimouski.. Et ce courriel venait des autorités de la PGA, rien de moins.
   ''Ils étaient à la recherche d'artistes pouvant faire le portrait de quelques joueurs, explique-t-elle. Ils ont vu mon travail sur son mon site web et ils ont communiqué avec moi. C'est ainsi que l'aventure a débuté!''
   Une aventure qui l'a conduite à faire le portrait de huit grands joueurs, soit Calcavecchia et Funk, bien sûr, mais aussi Fred Couples, Bernhard Langer, Vijay Singh, Kenny Perry, Davis Love et Tom Lehman. Malheureusement, ces six derniers ne sont pas venus à Québec pour le tournoi.
   Publicités
   Le but visé, en confiant à Catherine Larouche la création de portraits de golfeurs légendaires, était de se servir de ces oeuvres pour faire les publicités de l'événement. Les pubs pour annoncer le Championnat de Québec se faisaient donc avec ses toiles en mouvement.
   ''On m'a fourni des photos de chacun d'eux, précise Carherine. Pendant que je créais leur portrait, je devais prendre une photo lors de 28 différentes étapes de la création. Ainsi, pendant les publicités, on voyait peu à peu le joueur apparaître au fur et à mesure que mes dessins progressaient. Tout au long du commercial, le dessin bougeait jusqu'à ce que tout se termine par la photo originale du joueur.''
Catherine Larouche ne connaissait rien au golf avant le courriel de la PGA.

   Avec ses toiles, elle s'est présentée au Championnat de Québec pour les exposer. Elle souhaitait les faire autographier par les joueurs y apparaissant. Les deux présents à l'événement n'ont pas hésité à le faire. D'autres joueurs ont également été attirés par ses toiles, faisant un détour pour la complimenter sur son travail.
   ''Ils n'étaient pas au courant pour les pubs. Mon travail leur a plu'', a-t-elle émis
   Cours de golf à l'horaire
   Est-ce que cette incursion artistique dans le monde du golf l'a convaincue de s'y mettre, d'au moins d'essayer de frapper la petite balle de temps à autre?
   ''Lors du pro-am, j'étais assise au trou numéro un à l'intérieur des cordes et j'ai ainsi vu les golfeurs de près, relate-t-elle. J'ai bien aimé côtoyer tous ces gens et oui, ils m'ont donné le goût d'essayer. Je l'ai fait un peu, j'ai tenté quelques élans, pas plus. Ce fut quand même agréable!
   ''Je n'avais effectivement jamais touché au golf avant le Championnat de Québec, poursuit Catherine. Je suis plus une femme sauvage qui aime la boxe et les combats. Au mini-putt, je joue environ 85!!! Le fait de côtoyer les golfeurs et de les voir s'élancer à quelques pieds de moi, m'a émerveillée. Cela a vraiment piqué ma curiosité.''
   Elle n'a toujours pas repris de bâtons dans ses mains, depuis, mais déjà elle a trouvé un pro qui va lui enseigner les rudiments de l'élan dans quelques mois. Sa présence à La Tempête lui a aussi ouvert d'autres portes dans le domaine du golf. En effet, elle a reçu une invitation pour exposer ses portraits et autres oeuvres, dans quelques jours, lors d'un tournoi qui se tient au club Les Saules, à Rimouski.
   Quant aux autres projets reliés à l'art, ils sont nombreux. Elle aimerait bien toutefois refaire des pubs comme celles pour la PGA, de même que des pochettes d'album et autres initiatives de ce genre.
   ''J'adore les nouveaux défis! La passionnée en moi vit à 10 000 km/heure'', lance-t-elle. À cette vitesse-là, elle devra probablement ralentir pour ne pas forcer dans son élan, si jamais la piqûre du golf l'atteint elle aussi...

*Droits d'auteur Martial Lapointe. Toute reproduction de ce texte doit recevoir l'approbation de l'auteur.

lundi 22 septembre 2014

parcours : cap-rouge




   Québec - À l'écouter narrer son cheminement professionnel, on comprend que le parcours de Frédéric Théberge en est un parsemé de défis. Et ce n'est pas parce qu'il a relevé le dernier, celui d'occuper le poste de pro au club de Cap-Rouge, qu'il y en aura plus aucun sur son chemin, loin de là. L'avenir en réserve bien d'autres, admet-il sans la moindre hésitation.
   ''Surtout dans le golf, il faut être tourné vers l'avenir et là, les défis ne manquent pas'', dit-il de son ton calme et posé qu'on lui connaît.
   L'entrevue se déroule dans son petit bureau aménagé un peu à l'écart, dans la boutique Focus Golf, celle qu'il opère au club de Cap-Rouge. Cela faisait un certain temps qu'on cherchait à savoir si la transition entre l'enseignement, lui qui a dirigé et entraîné l'équipe du Rouge et Or pendant plusieurs années, et la gestion s'était bien passée.
   Mais les circonstances ont conduit au report et au report de l'entrevue. Et voilà que l'on se retrouve en cette fin de saison et que, justement, l'occasion était belle pour parler d'autres défis, notamment celui de garder la vocation première du club.
   Pas de droits d'entrée
   ''Dans le contexte actuel, commence Frédéric Théberge, il faut vraiment regarder vers l'avenir et non continuer de se plaindre que ça va mal dans l'industrie. Ici, à Cap-Rouge, on a décidé de demeurer d'abord et avant tout un club de membres. On ne ferme pas la porte aux visiteurs, mais on souhaite toujours compter sur le membership pour continuer.''
   Dans cette optique, des idées ont été lancées et des décisions devaient être prises.
   ''Notre situation géographique fait en sorte que nous sommes entourés de nombreux quartiers résidentiels, poursuit le pro. C'est une clientèle pour nous et c'est pour cette raison que l'on offre une nouvelle possibilité de devenir membre. On souhaite que ceux et celles qui hésitent à devenir membres ici, aient au moins l'occasion de s'abonner sans être liés pour des années.''
   Donc un abonnement sans droits d'entrée sera disponible pour la saison 2015. Pour la carte de membre avec pleins privilèges, il fallait d'abord débourser, en gros, près de 2900$, plus l'achat de quatre actions à 200$ et ensuite verser un droit d'entrée de 5000$ payable en cinq ans. Cette formule existe toujours sauf qu'il y a maintenant une nouvelle possibilité, soit un abonnement pleins privilèges sans droit d'entrée et sans l'achat d'actions pour 3300$.
   Enseignement
   Frédéric Théberge est confiant que cette formule attirera de nouveaux membres. Pour lui, il s'agit de toute façon d'un autre défi. On l'a dit, il a su quitter le monde de l'enseignement pour celui de la gestion avec succès. Il a été à la tête de l'équipe du Rouge et Or pendant 13 ans, un programme universitaire qu'il a créé avec Fred Colgan et Richard Doyon. À chaque année, cette équipe a été championne provinciale et deux fois elle a remporté le titre canadien.
   Sauf que Frédéric Théberge reste plutôt modeste quand on le questionne à ce sujet.
   ''Être coach d'une équipe universitaire, soutient-il, ça demande quand même beaucoup de gestion : horaires, budgets, transports, etc. Alors la transition s'est faite de façon assez naturelle.''
   N'empêche, on peut sortir l'enseignant de son académie, mais l'enseignement demeure bien ancré dans le professionnel. D'ailleurs, il n'hésite pas à dire que l'un des petits bonheurs que lui procure son travail de pro à Cap-Rouge, demeure la possibilité de donner des cours aux membres.
   ''Quand quelqu'un t'interpelle pour te dire que ton dernier conseil l'a grandement aidé, c'est très gratifiant!'', mentionne-t-il les yeux brillants.
   Le terrain
Frédéric Théberge et son adjoint Denis Chassé.
   Puis c'est le moment de la photo, alors direction terrain. Sur le petit sentier débutant à l'arrière du 18e trou puis menant jusqu'aux départs des premier et dixième trous, tout en permettant une vue sur l'allée du neuvième, le coup d'oeil est superbe. C'est quelque chose! Cette belle image est indissociable du club de Cap-Rouge. Elle donne le goût de fouler ces allées bien entretenues et agrémentées d'arbres majestueux.
   La renommée de ce club n'est plus à refaire, surtout depuis les changements majeurs apportés il y a environ huit ans. Des changements qui ont vu, entre autres, un trou bien ordinaire devenir l'un des plus beaux de la région. Il s'agit du septième, cette normale trois anciennement juchée sur un monticule. Maintenant, avec son vert au niveau du tertre de départ et son lac sur la droite, le trou s'inscrit dans le design moderne.
   Et les conditions de jeu, dans tout cela? Lors de notre partie, deux verts (le 4e et le 16e) n'étaient pas en grande forme, sauf que pour le reste, de la qualité, de la grande qualité même! Immenses, rapides et gardant bien la ligne de roulement de la balle, les membres sont gâtés.
   Frédéric Théberge attribue ce rendement entre autres aux efforts des dernières années, années qui ont vu l'installation d'un système d'irrigation et d'arrosage mieux adapté.
   ''On peut maintenant mieux gérer les conditions d'arrosage, explique-t-il. Un parcours mieux arrosé donne de plus belles allées, de plus beaux verts.''
   Selon lui, d'autres projets sont en discussion du côté de l'administration du club. ''Sauf qu'il est trop tôt pour en parler'', se limite-t-il à dire, préférant bien sûr garder la surprise...


*Droits d'auteur Martial Lapointe. Toute reproduction de ce texte doit recevoir l'approbation de l'auteur.

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jeudi 18 septembre 2014

parcours : donnacona


   Donnacona - Étrange que ce terrain en pleine ville, avec certains trous qui en chevauchent d'autres mais quelques-uns où on a tout de suite le réflexe de sortir la caméra et de prendre des photos, tellement le coup d'oeil sur le fleuve plaît. Étrange, oui, peut-être. Mais aussi, sans aucun doute, charmant.
   Petit détour dans Portneuf, récemment, alors pourquoi ne pas en profiter pour aller jouer le parcours de neuf trous de Donnacona. Depuis le temps qu'on y songe à force d'en entendre parler ou de voir, tout en haut dans les classements de tournois, les noms d'excellents golfeurs qui y sont membres. Des noms tels Martel, Pelletier ou Dussault, entre autres.
   Alors on se présente au club, on paie la partie pour neuf trous, environ 25$, et on se retrouve sur le tertre du premier trou. Avec qui sommes-nous jumelés? Ouf! Claude Pelletier, justement. L'un des meilleurs golfeurs de la région de Québec qui détient, entre autres exploits, le titre de champion amateur et champion senior dans la même saison, soit 2009. Et récemment, il était encore couronné champion senior. Faudra donc s'appliquer...
   Accueil et vie sociale
   Toutefois, comme ce fut le cas depuis notre arrivée, Claude et ses compagnons de jeu, soit son frère Yvon (père de Carl, autre excellent golfeur) et Guy Brunelle, font preuve de courtoisie et leur accueil est très cordial.
   ''Notre vie sociale est très agréable, avait prévenu le préposé au départ Bertrand Dussault. Nos membres sont gentils et aiment bien s'amuser sur la terrasse une fois la partie terminée.''
    Comme c'est le cas dans bien des clubs, plusieurs activités y sont organisées pour justement créer une ambiance agréable. À Donnacona, la direction tient à chaque année, vers la fin de juillet, un important tournoi où les participants jouent pas moins de 36 trous dans la même journée. Cet événement gagne d'année en année en popularité et sûrement que l'accueil et l'ambiance y sont pour quelque chose.
   Vieux terrain
   Dès l'arrivée au club de Donnacona, on est un peu pris par surprise. On cherche pratiquement le terrain, ou plutôt le chalet. Puis, coin Notre-Dame et Fiset, on remarque une petite maison près d'un terrain clôturé sur laquelle sont affichés les mots: club de golf.
   Juste à côté, il y a un vert, celui du neuvième trou, et un tertre de départ, celui du premier. Verts et départs se retrouvent sur une côte et surplombent les allées des trous suivants, allées bien découpées et garnies de part et d'autres de majestueux arbres. Le décor plaît en partant.
   Petite normale trois pour débuter et c'est parti pour une ronde, comme mentionné au premier paragraphe, presque étrange mais charmante.
   ''C'est un vieux terrain, rappelle M. Dussault. L'ouverture officielle remonte à 1927. Il était réservé aux cadres anglophones de l'usine de papier à l'époque.''
   Il semblerait qu'il aurait été possible par la suite de construire un autre neuf trous, mais les dirigeants tenaient à ce que le terrain demeure de cette taille. Une autre information veut que les verts du club de Donnacona proviennent du défunt club de golf  Duc de Kent qui se trouvait, au début des années 1900, dans le secteur de la chute Montmorency. À la fermeture, les verts ont été découpés puis roulés, comme de la tourbe, pour être ensuite transportés à Donnacona, là où un nouveau parcours venait d'être construit.
   Et à propos des verts, ils étaient impeccables. Très spongieux, certes, et un peu lents, mais cela était dû aux pluies intenses des jours précédant notre partie. ''En temps normale, de préciser Claude Pelletier, ils sont plus durs et roulent davantage.''
   Le club compte plus de 200 membres et parmi eux, plusieurs sont de la ville de Québec. ''Ils n'hésitent pas à parcourir toute cette distance (entre 30 et 35 minutes de route) parce que le terrain est pratiquement toujours disponible, il n'y a pas d'attente'', explique notre compagnon de jeu au talent indéniable.
   Croisement et chevauchement
   C'est un beau terrain de golf malgré certaines particularités peu communes aux parcours disons... moins âgés. Une normale 70 si l'on joue 18 trous. Habituellement, les joueurs s'élancent des jalons blancs lors du premier neuf, puis des bleus au deuxième tour.
    Il y a une étonnante variété de trous pour un petit terrain où on y joue tantôt une courte normale cinq de 452 verges, suivie tout de suite d'une plus longue à 534 verges. Le trou le plus difficile est le cinquième, une normale 4 de 437 verges. Pourtant, plus loin, il y a quelques par 4 de moins de 300 verges, dont le neuvième trou. Sauf que ce dernier, avec son vert tout en hauteur, n'est pas gagné d'avance malgré ses 260 verges.
   Ce qui est surtout étrange, c'est le croisement des trous 8 et 9. Le huitième est une normale trois de 200 verges dont le tertre de départ est juste à côté de celui du trou numéro neuf. Il faut donc revenir sur ses pas, après avoir calé sa balle sur le vert du huitième trou.
   Puis il y a le chevauchement entre le deuxième et le troisième trou. Une fois la balle dans le trou, au deuxième, il faut gagner tout juste à droite le tertre de départ, beaucoup plus élevé toutefois, du trou suivant. Ainsi, quand on s'élance du départ du troisième trou, la balle survole le vert ou l'allée du deuxième. La règle locale veut que, pour une circulation en toute sécurité, priorité est donnée aux joueurs qui s'élancent du trou numéro trois et non à ceux qui marchent vers le green du trou précédent.
   ''Les membres et les visiteurs réguliers sont habitués et ne s'offusquent pas de ces particularités'' soutient Claude Pelletier qui, en passant, a terminé sa ronde avec un moins trois facile...
   Donc un petit terrain étrange pour les non initiés, mais tout de même très charmant. Il suffit de longer certains trous pour s'en convaincre. Comme le sixième où la vue sur le fleuve retient à coup sûr l'attention.

*Droits d'auteur Martial Lapointe. Toute reproduction de ce texte doit recevoir l'approbation de l'auteur.

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lundi 15 septembre 2014

compétition : finale régionale



   Montmagny - Le ciel lourd de nuages au-dessus de Montmagny, ce dimanche, ne pouvait en rien écraser toute la joie qui était la sienne: ''Ce n'est pas un rêve enfin réalisé mais être champion régional, c'est toute une joie! Une immense joie!''
   Michel Gariépy avait effectivement de quoi se réjouir lors de cette finale régionale de la saison amateur 2014, se voyant couronné champion après un match intense disputé contre deux autres golfeurs de haut calibre, soit Carl Pelletier et Danny Turbide.
   ''Je suis épuisé, a échappé Gariépy, membre aux Boisés de Joly. La partie a été intense, on a tous très bien joué. Carl a débuté avec trois oiselets, j'en ai calé deux dans les trous suivants et Danny nous a rejoints en y allant aussi de quelques-uns. Gagner à l'issue d'un tel match contre d'aussi bons joueurs, c'est quelque chose!''
   Il a ramené une carte de 72, tout comme Pelletier, de Pont-Rouge, tandis que Turbide, de Cap-Rouge, a joué 71. Le total des points accumulés tout au long de la saison ont fait en sorte que Michel Gariépy soit le champion de l'année, laissant le second rang à Carl Pelletier et la troisième place à Danny Turbide.
   Dans son garage
   Les efforts pour s'améliorer ont payé, soutient le grand gagnant. Des efforts particuliers, certes, mais qui l'ont grandement aidé tout au long de la saison.
   ''Pendant tout l'hiver, raconte-t-il, je m'étais entraîné dans mon garage. J'y avais installé un filet, un ordinateur, une caméra et un écran. Je frappais et frappais des balles et ensuite je visionnais le tout. Je regardais ce que je faisais de mal et je tentais de corriger tout cela. Ce fut payant, finalement!''
   Meilleure saison de Desbiens
Guy Motard, senior A
Robert Dupras, senior BB
   ''C'est ma meilleure saison à vie! Je ne sais pas si je vais connaître encore cela.''
   Habituée à la victoire, Marlène Desbiens, du club Murray Bay, ajoutait à son palmarès le titre de championne régionale après cette journée sur le terrain de Montmagny. C'est la deuxième année de suite qu'elle est à la fois championne amateur et senior.
   ''Ce qui est particulier, cette année, c'est que j'ai descendu mon handicap à zéro. Je me suis vraiment améliorée. Je ne crois pas être capable de garder un index aussi bas encore plusieurs années'' estime-t-elle.
André Rochette, senior B
Jocelyn Marquis senior AA
   Chez les hommes, le titre de senior revient à Claude Pelletier, de Donnacona.
   Participation à la hausse
   Le parcours du club de Montmagny a su plaire à ceux et celles en compétition pour cette finale régionale, appréciant entre autre la qualité de ses verts. Une autre raison pour le président de Golf Québec, région de la Capitale nationale, M. Jacques Bédard, de se réjouir. Car les gens de son organisation se disent très satisfaits de leurs résultats des dernières années.
   ''Le taux de participation à nos tournois est à la hausse de 5% à tous les ans, précise-t-il. Cela fait deux années que l'on connaît une telle augmentation, soit depuis que l'on a instauré la formule des trios qui partent aux neuf minutes. Nous comptons depuis plus de golfeurs qui s'inscrivent à nos activités. Avant cette formule, lorsque c'étaient des quatuors, les parties étaient beaucoup trop longues et, petit à petit, les joueurs délaissaient le circuit.''
Éric Nadeau, amateur AA
Marie-Claude Tremblay, B
   Aux dires de M. Bédard, les compétitions interclubs aussi sont de plus en plus populaires et connaissent toujours du succès. ''C'est vraiment particulier comme ambiance, rappelle-t-il. Chaque club est motivé. On sent que les joueurs et les joueuses prennent beaucoup de plaisir à défendre les couleurs de leur club.''
   Autres catégories
   Voici la liste des gagnants et gagnantes dans les autres catégories :
   FEMMES
   AA: Josée L'Écuyer, Alpin; A: Suzanne Brousseau, Montmagny; BB: Lucy Verreault, Alpin; B: Marie-Claude Tremblay, Le Montmorency; C: Pierrette Villeneuve, Murray Bay.
Suzanne Brousseau, A
Lucy Verrault BB
   HOMMES
   AA: Éric Nadeau, Bellechasse; A: Nicolas Simoneau, Boisés de Joly.
   SENIOR
   AA: Jocelyn Marquis, Boisés de Joly; A: Guy Motard, Dorchester; BB: Robert Dupras, Grand Vallon; B: André Rochette, Pont-Rouge.



Pierrette Villeneuve, C
Josée L'Écuyer, AA


*Droits d'auteur Martial Lapointe. Toute reproduction de ce texte doit recevoir l'approbation de l'auteur.



jeudi 11 septembre 2014

compétition : championnat de québec 6


   Québec - Quand il a allumé son téléphone cellulaire, lundi matin, David Skitt, le directeur du Championnat de Québec, avait un message de Jay Haas, l'un des pros les plus populaires. Ce dernier tenait à faire savoir que ses confrères du Champions Tour et lui avaient vraiment apprécié le tournoi, qu'ils n'en revenaient pas de l'immense foule et qu'il s'agissait du meilleur événement auquel ils avaient participé cette année.
   De tels bons mots ne pouvaient qu'entraîner de plus belle David Skitt dans un tourbillon d'émotions, tourbillon qui fait rage depuis dimanche soir, depuis la fin spectaculaire du Championnat de Québec.
   ''Je me pince encore pour me convaincre que tout cela est bien réel'', lance-t-il au bout du fil. Même si l'entrevue se déroule au téléphone, il est facile de deviner que le directeur de Synchrosports est encore tout fébrile et étourdi par les derniers événements. Il est volubile et n'arrive pas à cacher tout cet enthousiasme que lui a procuré son passage dans la vieille Capitale, comme s'il avait toute la misère du monde à retomber sur terre après une si belle aventure.
   Au-delà de nos attentes!
   ''Plus de 50 000 visiteurs pour la durée du tournoi, c'est un record de foule, un record dans toute l'histoire du tournoi! C'est bien au-delà de nos attentes! Quand on a décidé de venir à Québec, on ne savait justement pas à quoi nous attendre. On se disait qu'on allait de l'avant, peu importe ce qui arriverait. Et voilà qu'on obtient un tel succès, c'est tout simplement incroyable!'' dit-il du même souffle, toujours emporté.
   Et si ces résultats étaient un signe? Si toutes ces belles choses qui se sont produites au club La Tempête, il y a quelques jours, confirmaient l'arrivée en bonne et due forme de Québec comme étape régulière sur le Circuit des Champions? Ou du moins, officialisait une alternance entre Montréal et Québec d'une année à l'autre?
   ''Je ne peux rien dire, rien annoncer dans ce sens, a assuré David Skitt. Sauf qu'on se doit maintenant de bâtir quelque chose à partir de toute cette belle énergie qui est la nôtre au lendemain du Championnat de Québec.''
   Il convient que la ville de Québec demeure un endroit idéal pour la tenue d'un tournoi du Champions Tour mais n'ajoute rien pour confirmer un retour.
   Un rêve
   David Skitt ne le cache pas, il a parfois l'impression d'être dans un rêve. Le défi était grand d'amener ce tournoi à Québec, de reprendre les démarches de financement avec plusieurs nouveaux partenaires, de développer de nouvelles relations, bref de repartir presque à zéro. Et voilà que tout a bien fonctionné.
   Oui, encore maintenant, à 39 ans, il n'arrive pas toujours à croire à tout ce qui lui arrive. Pendant l'entrevue, il replonge dans ses souvenirs et, de nouveau, il a l'impression de rêver. Le petit gars de 12 ans, capitaine des juniors au club de Saint-Lambert, sur la rive-sud de Montréal, vite devenu passionné de golf avec une trentaine de ses amis, côtoie maintenant ses idoles d'enfance, côtoie les Jay Haas, justement, les Fred Funk, Sandy Lile, John Cook, Fred Couples, Scott Simpson, Billy Andrade, Brad Faxon et plusieurs autres. Tous de grands noms du golf qui aujourd'hui l'appellent par son petit nom et qui ont son numéro de téléphone personnel!
   ''De tous ces gamins qui s'amusaient sur ce petit terrain de golf il y a des années, raconte-t-il, nous sommes maintenant une vingtaine qui gravitent toujours dans le golf. Ce sport est rendu notre métier: certains sont pros, d'autres agissent comme représentants pour des marques de golf et moi j'organise ces tournois avec la PGA. On est rendus là! Et ce n'est pas un rêve, c'est carrément la réalité!''
   Petite famille
   Il reste encore bien du travail sur les planches de Synchrosports même si l'événement est terminé. Toutes les installations à démonter, les dossiers à fermer et déjà le prochain tournoi, le Championnat de 2015, à préparer.
   ''Je suis très fatigué mais ça va, précise David Skitt. Pour un tournoi de cette envergure, on doit travailler des mois et des mois à l'avance. C'est normal que la fatigue s'installe un peu au lendemain de la ronde finale.''
   Sa petite famille l'a bien sûr suivi à Québec. C'était la première fois qu'il s'occupait du tournoi et que sa fillette Heidi ne dormait pas à la maison. Parfois, il allait la voir à la salle de presse où sa compagne travaillait et ces brèves retrouvailles comblaient père et gamine. De petits moments de bonheur si précieux et si beaux à voir.
   ''On va sûrement se reposer bientôt en famille'', lâche-t-il avant de raccrocher encore, de toute évidence, fébrile car lorsqu'il parle des siens, il est tout aussi enflammé que s'il parlait de tournoi de golf. Un passionné, un vrai, entier, pas de doute à ce sujet.



*Droits d'auteur Martial Lapointe. Toute reproduction de ce texte doit recevoir l'approbation de l'auteur.

lundi 8 septembre 2014

compétition : championnat de québec 5


  Lévis - Les amateurs de golf de Québec ont été gâtés! Toute une fin de Championnat que leur ont offert les pros du Champions Tour avec deux coups spectaculaires au 18e trou, gracieuseté de Scott Dunlap et Wes Short Jr. Ce dernier est  parti avec les grands honneurs.
   On attendait le champion défendant, Esteban Toledo, qui a démarré en force, s'éloignant du peloton avec deux oiselets dès les premiers trous. Il y avait certes Scott Dunlap qui accumulait les oiselets et même un aigle au neuf, sauf que Wes Short Jr a pris tout le monde à court avec un excellent moins 7 sur le neuf de retour!
   Short a terminé à moins 15, au total, tandis que Dunlop remettait une carte de moins 14. Toledo, pour sa part, a partagé la troisième position avec Brad Faxon, chacun concluant le tournoi avec une marque de moins 11.
   Deux aigles de quelques pieds
   La foule a été choyée en fin de tournoi quand elle a vu la balle de Scott Dunlap atterrir à quelques pieds du fanion, lui qui venait de frapper un coup de 274 verges de l'allée sur cette normale cinq. Il calait ensuite son roulé pour passer de moins 12 à moins 14.
   Toutefois, derrière lui, Wes Short Jr se pointait à son tour dans l'allée mais avec un pointage de moins 13 en poche. Et qu'a-t-il fait en réponse à l'aigle de Dunlop? Il a lui aussi attaqué le fanion, Sa balle a effleuré le trou et s'est arrêtée à environ cinq pieds sous le tonnerre d'applaudissements de la foule ravie.
  Est-ce une grande déception de ne pas remporter le tournoi après avoir effectué un tel coup au 18e trou, a-t-on demandé à Scott Dunlap après sa partie. L'homme s'est fait philosophe.
   ''Ce fut quand même une belle façon de finir un tournoi, a-t-il répondu. C'est ok! Je vis de bons moments ces temps-ci avec entre autres ma victoire il y a deux semaines à Seattle.''
   Quant au gagnant, il semblait lui-même impressionné par sa fiche exceptionnelle de 64, dont 29 sur le neuf de retour.
   ''J'ai frappé de bons coups, a-t-il commenté simplement, et croyez-moi, avec une telle foule tout au long du dernier trou, c'est vraiment agréable.''
   Pour atteindre le vert du 18e trou en deux coups, Short Jr a utilisé un hybride alors qu'il lui restait près de 240 verges.
   Quelle finale que ces deux golfeurs ont servie à la foule du premier Championnat de Québec!
   Lecture difficile
   Le Québécois Rémi Bouchard a joué une ronde de moins un, terminant à moins deux au total. Il a de nouveau débuté la partie avec deux bogeys et de nouveau il s'est ajusté en y allant de quelques oiselets par la suite. Mais cela ne l'a pas conduit jusqu'à son objectif de jouer moins cinq ou moins six.
   ''Je suis tout de même satisfait, a-t-il dit. Je me suis retrouvé dans un environnement tellement motivant qui me donne le goût d'aller faire les qualifications cet automne. Cette expérience me confirme que je peux frapper la balle comme ces gars-là.''
   Bouchard jouait en compagnie du pro et animateur télé Bobby Clampett. Tous deux ont parlé de verts difficiles à lire la trajectoire.
   ''Je faisais de bons roulés, mais je n'arrivais pas à trouver la bonne ligne, a analysé Clampett. Je crois que ce fut le cas pour la majorité d'entre nous.''
   Ce le fut du moins pour un autre joueur du Québec, Yvan Beauchemin, pro au club hôte. ''On n'arrivait pas à trouver la bonne ligne, a-t-il mentionné à son tour. On avait une chance de bien lire lorsqu'un compagnon de jeu plaçait sa balle près de la notre et qu'il s'exécutait avant nous.''
   Réflexion
   Beauchemin a ajouté qu'il était déçu de terminer le tournoi avec une marque finale de plus 6. ''Je suis déçu pour moi mais tellement content pour le club La Tempête et pour l'organisation du tournoi, ce fut une belle réussite.''
    Par ailleurs, il a laissé entendre qu'il allait être en période de réflexion dans les prochaines semaines.
   ''Il reste encore quelques tournois avec l'AGP, au Québec, et par la suite, je vais voir si je reste dans la compétition ou, du moins, si je vais en faire autant. Peut-être que je vais diminuer le nombre de participations et m'en tenir davantage aux services à mon club et à l'enseignement'', a-t-il conclu.
   Pour sa part, le troisième Québécois à participer au tournoi, Marc Hurtubise, a fini à plus 12.


*Droits d'auteur Martial Lapointe. Toute reproduction de ce texte doit recevoir l'approbation de l'auteur.
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dimanche 7 septembre 2014

compétition : championnat de québec 4

   
   Lévis - Est-ce que le championnat de Québec couronnera le même champion que celui de Montréal l'an dernier? À en juger par son excellente ronde de ce samedi à La Tempête, à Lévis, Esteban Toledo déploie vraiment les efforts pour y arriver même si à quelques heures de la fin, il partage la tête avec Brad Faxon.
   Toledo a joué 66 tandis que Faxon y est allé d'un 67 et tous deux sont maintenant à moins 10, soit 134 après deux rondes. Ils devancent Loren Roberts à moins huit et un groupe de quatre golfeurs à moins sept.
   ''J'ai bien frappé, a commenté Toledo. J'ai atteint les allées, j'ai atteint les verts et j'ai bien putté. J'avais beaucoup confiance.''
   ''Ce fut une bonne et solide ronde de golf, aujourd'hui'', a pour sa part émis Brad Faxon en ajoutant que son oiselet au 18e trou fut une belle façon de terminer la journée ''dans le noir et le froid''.
   En effet, en raison de la météo, les départs ont tous été reportés de deux heures.
   Belle remontée de Janzen
   Lee Janzen, qui en est à sa première participation à un tournoi du Champions Tour, a réalisé une belle remontée en jouant moins 5, lui qui avait ramené un score de moins un la veille. Il avait expliqué son faible rendement en première ronde par des résultats médiocres sur les normales cinq. Ce qui n'a pas du tout été le cas ce samedi, inscrivant des oiselets sur quatre des cinq trous par 5.
   ''Les normales cinq sur ce terrain sont tous des trous à oiselets et aujourd'hui j'en ai profité'', a précisé Janzen.
   Appelé à commenter ses débuts sur le circuit des Champions, Lee Janzen a admis que l'ambiance est davantage détendue que sur le PGA Tour. ''Je joue sans pression, a-t-il raconté. Il n'y a pas de coupure. Mais tout de même, on cherche toujours à bien jouer et à s'améliorer.''
   Bouchard et Beauchemin
   Les golfeurs québécois ne l'ont pas nécessairement eu facile en cette seconde journée de compétition. Rémi Bouchard, qui a débuté la journée sur le 10e trou, a commencé avec deux bogeys mais s'est repris, ramenant une carte de moins un.
   ''J'ai fait des erreurs de concentration, a-t-il dit, et j'ai raté trois chances sur les derniers trous. J'avais bien placé la balle sur les verts du 7e et du 8e trous, mais j'ai pas eu de bons roulés. Au 9e, j'étais devant le vert en deux, mais j'ai laissé mon approche trop à court.''
   Quant à Yvan Beauchemin, pro au club hôte, il a joué 77, ce qui le place à plus 4 au total.
   ''Ça doit être le changement de température mais j'ai attrapé un virus de swing, a-t-il lancé à la blague. Je pliais mon bras gauche en montée arrière et je m'en suis rendu compte trop tard.''
   Quant à Marc Hurtubise, il est à moins neuf.
   Québec, une adresse
   Avec deux heures de retard dans les départs, cette pluvieuse journée de samedi a donné lieu à des échanges intéressants dans la salle de presse. Il y avait les souvenirs amusants du vétéran pro André Gingras, mais aussi les commentaires du directeur du club La Tempête, André Raymond. Ce dernier croit que Québec est maintenant une adresse pour les gens de la PGA.
   ''L'endroit plaît, le terrain plaît, alors tout est là pour convaincre les autorités de revenir à Québec, a-t-il souligné. Pour que Québec devienne une adresse, il faut offrir un bon terrain et, justement, on leur en donne un.
   ''Personne ne vient briser son élan ici, a-t-il poursuivi. La Tempête est vraiment ce qu'ils veulent, un parcours spectaculaire et amical. Et pour l'entourage des joueurs, Québec reste une destination différente et intéressante.''
   André Raymond ne s'offusque nullement de l'absence de grands noms tel Singh, Langer ou Couples.
   ''Cela arrive aussi lors de tournois fixes que quelques vedettes ne se pointent pas au rendez-vous certaines années, a-t-il rappelé. Ce n'est pas toujours de grandes cuvées mais cela ne signifie pas pour autant que le vin n'est pas bon.''
   Est-ce possible, dans ce cas-là, que le Championnat alterne d'une année à l'autre entre Québec et Montréal? André Raymond répond par une question: ''Pourquoi ce ne serait pas Québec trois ans de suite puis un saut à Montréal? D'autant plus qu'on aura bientôt un autre 18 trous à leur proposer. Faudrait bien qu'ils viennent le tester!''

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vendredi 5 septembre 2014

compétition : championnat de québec 3


   Lévis - Tout près du départ du 10e trou, on entend l'animateur de Golf Channel, Billy Ray Brown, chuchoter en direct: ''Son arrivée ne peut être qu'un plus pour le circuit des Champions''. Puis le bruit du bois 1 contre la balle résonne, ça y est, le double champion de l'US Open, Lee Janzen, venait de frapper son premier coup sur le circuit des Champions.
   Et cela se passait ce vendredi matin au Championnat de Québec, étape du Champions Tour qui se tient au club La Tempête, à Lévis. Janzen n'a toutefois rien cassé, terminant sa journée à moins un, alors que le meneur Chip Beck est à moins sept, soit 65.
   ''Ce fut plutôt une première ronde ordinaire. Je vais tenter de faire mieux demain'', s'est contenté de dire Janzen, peu enjoué, lorsque interrogé après sa partie. Il a surtout déploré son manque d'opportunité sur les normales cinq. Un point important que celui-là, en cette première journée de tournoi, et que plusieurs de ses confrères ont d'ailleurs soulevé eux aussi.
   Beck enthousiaste
   Quant au meneur, lui, il ne cachait pas son enthousiasme. C'est un Chip Beck joyeux, tout en paroles, qui s'est présenté devant la presse en fin d'après-midi. C'est sûr qu'à la suite d'une ronde où l'on réussit un aigle, entre autres coups exceptionnels, grâce à un petit roulé de moins de deux pieds, il y a de quoi se réjouir.
   ''Ah! c'est extraordinaire!, s'est-il exclamé en s'installant derrière le micro pour parler aux journalistes. Quel terrain magnifique, agréable à jouer avec ses normales cinq que l'on peut atteindre en deux coups!
   ''Il faut dire aussi que le vent, aujourd'hui, nous a beaucoup avantagés. Il nous a aidés justement sur les normales cinq'', a lancé celui qui a conclu la journée avec un bogey, un aigle et six oiselets.
   À la charge
   La veille, certains joueurs laissaient entendre que de bas pointages étaient à prévoir, compte tenu de l'état détrempé du terrain. Parmi eux, Billy Andrade qui avait dit que les pros allaient ''charger le fanion'' parce que les verts étaient très mous et donc, réceptifs. Même si le parcours s'était asséché et que les conditions de jeu étaient de beaucoup différentes, ce vendredi, les joueurs sont passés à l'attaque, visant carrément le trou à chaque approche, plutôt que de juste bien placer la balle sur les verts.
   ''Les conditions de jeu n'avaient aucun rapport avec celles des rondes d'exercice les jours précédents, a mentionné le Québécois Rémi Bouchard. Le terrain était plus rapide et les verts plus fermes.''
   Bouchard, premier à s'élancer à ce tournoi où il a mérité une invitation, a terminé sa journée de travail avec la normale, soit 72. Une marque qui ne le comblait nullement.
   ''Je n'ai pas su tirer profit des normales cinq, a-t-il expliqué. J'ai pris de mauvaises décisions. Comme au trou numéro neuf où j'ai utilisé mon bois trois pour atteindre le vert en deux coups. J'ai alors tiré ma balle vers la gauche, dans la fosse de sable. Je crois qu'un hybride aurait mieux fait le travail.''
  Beauchemin souriant
   Du côté d'Yvan Beauchemin, le ton était moins pessimiste. Le professionnel associé au club de La Tempête a joué moins un, soit 71. Pas de déception, a-t-il précisé, le visage souriant.
   ''C'est sûr que j'aimerais une marque plus basse, mais c'est comme ça'', a-t-il dit.
   L'autre pro québécois en compétition au Championnat de Québec, Marc Hurtubise, a pour sa part joué 76, plus 4.
   Duffy Waldorf et Craig Thomas sont tout juste derrière Chip Beck à moins six. À égalité au troisième rang, on retrouve Brad Faxon, Loren Roberts et P.H. Horgan III qui ont fini à moins 5.
   La journée de travail reprend à 10h10, ce samedi, et le trio des meneurs, qui part en dernier au trou numéro un, s'élancera à 12h20.


  *Droits d'auteur Martial Lapointe. Toute reproduction de ce texte doit recevoir l'approbation de l'auteur.

jeudi 4 septembre 2014

compétition : championnat de québec 2


   Lévis - ''Il y aura de bons scores parce qu'il y a de bons joueurs!''
   Le pro Billy Andrade venait de quitter le parcours de La Tempête, après le pro-am du matin, et était en mesure de porter un jugement sur les conditions de jeu qui les attendent, lui et ses compagnons du Champions Tour, lors du Championnat de Québec. Outre la qualité des golfeurs qui s'attaqueront au terrain ce vendredi matin, l'état du parcours lui laissait croire à des scores très bas.
   Il n'a toutefois pas avancé de chiffres, se limitant à parler de la surface plutôt molle des verts.
   ''On va pouvoir attaquer le fanion'', a-t-il expliqué. Quand les verts sont aussi réceptifs, c'est également plus facile de faire de bonnes approches. Et les allées sont aussi très larges, cela ne nuit pas.''
   Meilleur contrôle
   Quelques minutes avant lui, le populaire Fred Funk s'est pointé à la salle de presse et il a tenu le même discours. Il croit lui aussi que la marque finale sera basse parce que le terrain est détrempé.
   ''Avec des verts à la surface molle, a émis Fred Funk, on peut mieux contrôler la balle, avoir une meilleure idée où elle va s'arrêter. Dans ce temps-là, on charge et on obtient de meilleurs scores.''
   De son côté, le vétéran Hale Irwin mentionnait que le terrain serait plutôt long, dans de telles conditions, et ceux qui frappent loin seront certainement privilégiés.
   ''Sauf que c'est la première fois que l'on va jouer ce terrain, personne ne le connaît jusqu'à maintenant, a-t-il ajouté. Mais nous sommes habitués à ce genre de situation. On sait toujours quel coup jouer, on a vécu cela des centaines et des centaines de fois.''
   Irwin s'est tout de même prononcé sur la marque, parlant de rondes de 67 ou 68 chaque jour pour avoir une chance de l'emporter. Il ajoutait, comme tous les autres joueurs interrogés à ce sujet, que tout dépendra de la température.
   ''Actuellement, a-t-il précisé, le terrain est très mouillé et c'est pour cela que les longs cogneurs seront avantagés. Sauf que si les conditions changent, si le vent se lève et assèche le terrain, tout est possible et là c'est plus difficile de se prononcer sur la marque finale.''
   Besoin de Tiger
   Pour sa part, John Cook, le champion de 2011 à Montréal, n'a pu émettre son avis sur les possibles résultats qui entreront dimanche soir, n'ayant pas encore foulé les allées du club avant de rencontrer les journalistes. Il a plutôt parlé de ses maux de dos qui l'empêchent de connaître une bonne saison.
   ''Cela dure depuis une dizaine de semaines, a-t-il rappelé. Je ne suis pas en train de réapprendre mon élan, mais juste de mieux travailler avec mon corps. Je dois être patient mais, malheureusement, la patience n'est pas vraiment ma vertu.''
   Avec la tenue prochaine de la Coupe Ryder, les joueurs ont été interrogés sur les équipes qui s'affronteront et sur l'absence de Tiger Woods au sein de l'équipe américaine, de même que son retrait de la compétition. Pour John Cook, il n'y a aucun doute sur le fait que Tiger Woods doit revenir au jeu le plus tôt possible.
   ''Le golf a besoin d'aide, le golf a besoin de Tiger Woods. Il y a plein de jeunes qui n'ont pas encore vu Tiger à son meilleur, qui n'ont pas encore vu ce dont il est capable et c'est dommage.  On a besoin d'un Tiger en santé. Je sais qu'il a une bonne attitude et qu'il travaille fort pour revenir'', a lancé Cook avant de quitter pour le vert d'exercice et de se joindre, par la suite, à son quatuor pour le pro-am en après-midi.


*Droits d'auteur Martial Lapointe. Toute reproduction de ce texte doit recevoir l'approbation de l'auteur.

compétition : championnat de québec 1

   Lévis - ''Je n'ai aucune superstition. Au golf, c'est tellement technique: tu choisis puis tu exécutes. Personne ne va te plaquer, il n'y aura aucune craque dans la glace qui va jouer contre toi'', lance sur un ton quasi monocorde Yvan Beauchemin, serein comme pas un.
   Début de semaine au club La Tempête à Lévis, on se croirait dans une fourmilière. À l'approche du jour J, on bouge partout, on se croise les bras chargés ou la tête ailleurs, préoccupé, en s'échangeant de rapides saluts. On installe des câbles, on décharge des camions, on monte des tentes, on dispose des cordages, on vérifie les cuisines, on vide des boîtes... oui, une fourmilière où tout un chacun besogne dans une atmosphère fébrile, presque tendue.
   Tout le monde? Non, pas Yvan Beauchemin, un des pros du club qui, dès ce vendredi, s'élancera en compagnie des légendes du golf qui participent au Championnat de Québec.
   ''Je suis peut-être un peu anxieux, confie-t-il sur le bout des lèvres. J'ai surtout hâte. Hâte de commencer le tournoi. Je m'y prépare depuis le début de la saison, je sais pas mal à quoi m'attendre, je suis prêt. Alors tant mieux si l'événement est enfin arrivé!''
   Nervosité
   Le pro de 56 ans n'en est pas à son premier tournoi de la sorte et il sait donc à quoi s'en tenir. Il comprend aussi toute l'agitation, toute la nervosité qui en gagne plus d'un.
   ''J'ai vu cela à quelques reprises: des joueurs qui vont à l'écart du premier tertre de départ pour vomir ou, encore, qui ne sont pas capables de placer leur balle sur le tee tellement leur main tremblait, relate-t-il. C'est normal. On parle de quelque chose de gros, de très gros! Il n'y a rien de plus haut que cela sur la planète pour les golfeurs de 50 ans et plus.''
   Yvan Beauchemin aime bien comparer le golf au rythme de la vie. ''Le golf, c'est une belle leçon de vie'', dit-il souvent.
   ''Si tu restes calme dans la vie, tu vas l'être aussi sur le terrain de golf, soutient-il. Si tu es heureux dans la vie, c'est la même chose, tu le seras aussi sur le parcours.''
   Savoir dire non
   Le compétiteur d'expérience admet que les attentes seront fortes du côté des golfeurs québécois qui participent à l'événement. Les amateurs du Québec souhaitent sûrement que l'un d'eux se démarquent. Les joueurs eux-mêmes, croit-il, se mettent un peu plus de pression car ils veulent surtout bien faire pour cette grande occasion.
   ''Mais il faut remettre les choses dans leur contexte, rappelle-t-il. Pour les gars qui sont actifs à temps plein sur ce circuit, ce n'est qu'une fin de semaine de plus dans leur calendrier. S'ils connaissent une mauvaise fin de semaine, c'est dommage, mais il y aura d'autres tournois au cours de la saison.
   ''Pour les joueurs québécois invités ou qui se sont qualifiés, poursuit le pro de La Tempête, l'occasion est unique. Ils veulent bien faire car ils n'auront peut-être pas d'autres occasions de se reprendre.''
   L'expérience acquise lors des années antérieures lui permet donc d'aborder la compétition à venir dans un esprit plus calme, lui permet aussi de gérer mieux son temps.
   ''Je sais aussi dire non, maintenant. Je ne bouderai personne, mais je vais me limiter à certaines activités pour être en mesure de mieux aborder le tournoi. Je vais m'entraîner sans exagérer et je vais me promener sur le terrain pour les repères.''
   Langer et le virus du putter
   Yvan Beauchemin a connu un très bon début de saison, remportant l'Omnium printanier et terminant troisième au second tournoi. Puis, le calme, les titres et bonnes positions se faisant plutôt rares. N'empêche, son golf est actuellement à point et il croit toujours pouvoir se démarquer.
   ''J'ai attrapé un petit virus du putter mais là, c'est corrigé, lance-t-il. J'ai regardé Bernhard Langer, qui joue aussi avec un long putter, et j'ai remarqué que sa posture demeurait stable lorsqu'il s'exécutait. J'avais tendance à bouger le haut de mon corps. Mes roulés sont maintenant meilleurs.''
   Depuis qu'il a obtenu son laissez-passer, ce printemps, Yvan Beauchemin répète qu'il faudra un score final entre moins 11 et moins 17 pour l'emporter.
   ''Tout dépend du vent, explique-t-il. S'il va en sens inverse, c'est là qu'un moins 11 sera une très bonne marque. Si les conditions sont bonnes, moins 16 ou moins 17 devrait être la marque gagnante.''
   Est-il toujours confiant de jouer dans ces chiffres comme il pouvait l'être en début de saison?
   ''Je l'ai dit, mon jeu est à point. Mon expérience m'aide aussi à mieux gérer l'événement. De plus, je suis chez moi, sur mon terrain. Je ne dormirai pas dans un motel ou chez des amis. Le soir, après la partie, je vais rentrer à la maison. C'est un gros plus!''
   Outre Beauchemin, deux autres Québécois seront du groupe, soit Rémi Bouchard et Marc Hurtubise.
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lundi 1 septembre 2014

parcours : manoir richelieu


   
   La Malbaie - D'une fois à l'autre, on n'y croit pas, on ne peut imaginer spectacle aussi beau et grandiose. Et pourtant, la magie opère à chaque fois: les longues pointes de montagnes presque bleues, enveloppées d'une bruine s'élevant du fleuve majestueux à leurs pieds, et tranchant l'horizon azuré envoûtent à coup sûr les golfeurs.
   Tout en haut, au chalet du club de golf du Manoir Richelieu, à La Malbaie, près du premier trou du parcours Saint-Laurent, le décor ne laisse personne indifférent. Coup d'oeil à gauche, puis à droite, peu importe, la vue est splendide, rendant presque impossible l'obligation de garder les yeux sur la balle pour ne pas rater son coup.
   C'est devenu un détour forcé, un pèlerinage obligatoire, il faut aller jouer au moins une fois par été au Manoir Richelieu, à La Malbaie, dans Charlevoix. Oui, la vue splendide en vaut la peine mais le parcours de 27 trous plaît tout autant que le paysage, ce qui fait dire au directeur des lieux, Jean-Philippe Moffet, qu'on va certes jouer au golf au Manoir Richelieu, mais qu'on va aussi ''y vivre une expérience''.
   ''C'est unique, lance-t-il sans hésiter. Aucun golf au monde n'offre ce type d'expérience avec un sentier de ce genre qui relie l'hôtel et le terrain. Nos points de vue sont spectaculaires!''
   À sa 15e saison
   Enfant, Jean-Philippe Moffet se plaisait à ramasser les balles dans le champs d'exercice du club Charny sur la rive sud de Québec. Sa passion du golf l'a amené jusqu'au statut de pro et, de là, il s'est retrouvé en 2000 adjoint de Norman Doyle, le professionnel du Manoir Richelieu. Il en est donc à sa 15e saison et il occupe le poste de directeur depuis 2006.
   Il a été témoin des transformations majeures qu'a connues le terrain à partir de 2002 et qui se sont échelonnées jusqu'en 2004. Cette année-là, la chaîne Fairmont offrait enfin aux golfeurs du Québec et à ses clients venant de partout dans le monde, un parcours totalement repensé, adapté aux réalités du golf moderne. Tout cela grâce à son milieu naturel de toute beauté et à la qualité de son design, comparable sans aucune gêne à de grands resorts de renommée internationale.
   Ce terrain allie à la fois le pittoresque et le moderne, permettant de jouer sur des allées semées de bentgrass et des verts impeccables, rapides et réceptifs, dans un décor (oui, je sais, on le dit et on le répète) bucolique.
   ''Avec ses premiers trous qui offrent une belle vue sur le fleuve, explique M. Moffet, on insère toujours le parcours du Saint-Laurent dans le forfait de nos visiteurs. On leur laisse même du temps pour les prises de photos. On comprend que l'endroit plaît et que les gens souhaitent l'immortaliser sur un cliché.''
   L'essence du vieux parcours
   Les golfeurs évolueront ensuite sur l'un des deux autres neuf trous du parcours, soit le Tadoussac ou le Richelieu. Ces 18 trous sont une sorte de remodelage du terrain original.
   ''On a cherché à garder l'essence du vieux parcours'', précise le directeur.
   Lors de notre passage, la partie a débuté sur le Richelieu, parcours jamais joué auparavant si ce n'est à l'époque précédant les changements majeurs.
   Comme le Tadoussac, on devine les modifications apportées ici et là, parfois minimes, parfois majeures. D'ailleurs dès le départ, il est surprenant de s'élancer d'un endroit où, auparavant, il y avait un green, le trou ayant été inversé! L'imagination d'un architecte comme Darrell Huxham y a fait son oeuvre pour le plus grand plaisir des amateurs.
   Coups à l'aveugle
   En dessinant un tel terrain dans les montagnes, il ne faut pas s'étonner de retrouver encore quelques trous où des coups à l'aveugle doivent être effectués. C'est toutefois un inconvénient que la qualité générale du parcours fait vite oublier.
   En général, la prudence est de mise sur pratiquement tous les 27 trous. Parfois, les allées donnent l'impression d'être larges et invitantes pour s'élancer à volonté, sauf que des dénivellations font souvent rebondir la balle dans des endroits que l'on aurait préféré éviter.
   C'est justement le cas au premier trou du parcours Saint-Laurent, celui-là même qui fait perdre un peu de sa concentration avec le décor à admirer et les photos à prendre. Viser la gauche est de mise, quitte à atteindre une fosse de sable. Le trou demeure une courte normale cinq en descendant qu'on peut facilement atteindre en coups réglementaires.
   La petite normale trois qui suit offre elle aussi un coup d'oeil de carte postale, qui ne prépare pas nécessairement les golfeurs à ce qui les attend au troisième trou. Ce dernier, tout en descente et avec un vert peu accueillant, représente peut-être le trou le plus ''étrange'' du parcours. Compte tenu de la pente abrupte sur laquelle il a été dessiné, les voiturettes ne peuvent circuler sur les allées, obligeant la patience pour ceux et celles qui suivent. Pas facile non plus, sur ce trou, de voir tous les obstacles.
   Comme à Pebble Beach!
   Cette configuration, on le comprend, est ordonnée par le milieu, par les montagnes qui font aussi le charme des lieux. N'empêche, certains golfeurs nous ont confié qu'en raison de ce trou, ils préfèrent s'en tenir aux parcours Richelieu et Tadoussac qui offrent eux aussi des trous intéressants avec le fleuve en arrière-plan.
   D'autres joueurs sont plus élogieux et y vont de comparaisons qu'on pourrait croire audacieuses mais, tout compte fait, très justes. Le professionnel de golf fraîchement à la retraite, Yvon Bouchard, qui a grandi tout près du club, n'hésite pas à dire que le décor au Manoir Richelieu est aussi exceptionnel que celui de Pebble Beach en Californie et celui qu'on peut admirer sur certains terrains prestigieux à Hawaii. Pour en avoir été témoin, je confirme!
   Il en coûte entre 75$ et 149$ pour jouer le Manoir Richelieu. Selon Jean-Philippe Moffet, le club accueille surtout les gens qui achètent des forfaits avec l'hôtel, une formule plus avantageuse.


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