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jeudi 30 octobre 2014

actualité : investissement à Beauceville


   Beauceville - ''D'une année à l'autre, on compte une soixantaine de jeunes qui s'initient au golf chez nous ou qui poursuivent leur formation estivale. De ce nombre, un très faible pourcentage, je dirais à peine 10%, deviennent membres plus tard. C'est trop peu et l'on veut, avec ce centre d'entraînement, motiver les juniors à continuer dans le golf.''
   Alain Simard est pro au club de Beauceville depuis toujours... ou presque. Une chose est sûre, par contre, il connaît son club, il connaît sa région. Avec d'autres Beaucerons d'origine, soit Fred Colgan et François Langevin, il s'est associé pour mettre en place des infrastructures qui attireront plus de jeunes de la région dès 2015 et qui, espère-t-il, les inciteront à aller plus loin dans leur développement pour devenir de futurs golfeurs réguliers.
   Les partenaires, soit l'Académie de golf Fred Colgan (AGFC) et le club de Beauceville investissent plus de 100 000$ pour créer un centre d'entraînement qui servira à tous les autres clubs de la Beauce.
   ''Nous rencontrons les dirigeants des autres clubs bientôt pour s'entendre sur leur niveau de participation'', de préciser Fred Colgan lors d'une récente rencontre au club de Beauceville, là où un bâtiment est présentement en construction, près du champ d'exercice, et qui accueillera les gens de l'AGFC. Il sera ouvert du premier mai au 31 octobre 2015 et sera aussi à la disposition des pros des clubs avoisinants.
   Pas de guerre
   ''On ne veut surtout pas créer de guerre entre les clubs de la Beauce, bien au contraire, de poursuivre Colgan. On a convenu de s'installer à Beauceville parce que déjà, le champ d'exercice est plus accommodant et, surtout, parce que le club est bien centré.''
Alain Simard, pro de Beauceville.
   Une fois les installations en place à Beauceville, estiment ceux à l'origine du projet, le centre d'entraînement sera d'aussi grande qualité que les deux autres principaux lieux semblables de la région, soit celui au Royal Québec et celui à La Tempête, à Lévis.
   ''Nous lançons un Centre de développement régional visant à uniformiser l'enseignement du golf. L'idée a été lancée en 2011 par Golf Canada. Des projets pilotes ont lieu en Ontario. Le Blainvillier, dans la région de Montréal, offre aussi ce programme'', explique pour sa part François Langevin, celui-là même qui prend les commandes du centre de Beauceville.
   En sens inverse
   Bien sûr, quand on parle Académie Fred Colgan, on pense développement junior et programmes scolaires. Mais l'idée de développer l'enseignement du golf en Beauce avec ce projet, va plus loin.
   ''Il n'existe aucun programme scolaire associé au golf ici en Beauce, rappelle Langevin. Une fois de retour à l'école en septembre, les jeunes passent au hockey ou à d'autres disciplines. Un de nos buts est de voir bientôt des écoles mettre en place de tels programmes.''
   ''Il y a de bons golfeurs en Beauce mais, actuellement, ils doivent se déplacer vers les centres de Québec pour poursuivre leur développement, relance Fred Colgan. L'an prochain, c'est l'inverse qui va se produire. Les jeunes de Québec qui sont avec nous sans être inscrits aux écoles associées à l'AGFC, prendront l'autobus le samedi matin à Québec pour venir à Beauceville.''
   Les attendra alors un programme de coaching de trois heures suivi d'une partie de golf.
   ''Il y a plusieurs bons joueurs de la région, tels Adam Poulin, Max Gilbert et Josée Doyon, qui ont fait de nombreux aller-retour Beauce-Québec pour devenir les athlètes qu'ils sont maintenant, mentionne Fred Colgan. Ceux qui vont suivre leur trace pourront dorénavant progresser chez eux.''
   Les adultes aussi
   Tout au long de l'entrevue, le trio Langevin-Simard-Colgan revient constamment sur le fait qu'il n'est pas question de déraciner un jeune de son club pour l'amener à Beauceville. Même chose du côté des membres adultes.
   ''Ils sont les bienvenus, pas de doute là-dessus, dit Alain Simard, et ils vont profiter d'installations de qualité. De plus, nous offrirons le service d'ajustement des bâtons. Les membres des autres clubs de la région y trouveront ainsi leur compte puisque leurs professionnels utiliseront ce service. Une belle occasion pour ceux-ci, d'ailleurs, de mieux répondre aux besoins de leurs clientèles.''
    Les clubs concernés sont Saint-Georges, Beauce à Sainte-Marie, Dorchester, DuMoulin-Laflamme, Saint-Benjamin et Lac-Etchemin.
   ''Il faut préciser qu'en aucun cas, insiste le pro de Beauceville, les activités à ce nouveau centre d'entraînement nuiront au temps de départ ou au temps de jeu de nos membres.''
   Des cibles octogonales
   Selon François Langevin, le champ d'exercice de Beauceville sera dorénavant conçu de manière à ce que les golfeurs se concentrent pleinement sur leurs exercices. La construction de cibles nouveau genre, entre autres dispositions, aidera en ce sens.
François Langevin a plein d'idées pour le nouveau centre.
   ''Il y a aura trois cibles octogonales pour la précision, explique-t-il. Une à 100 verges d'un diamètre de 20 pieds avec un centre rouge de 4 pieds, une à 150 de 30 pieds et un centre de 6 pieds en blanc et, bien sûr, une dernière à 200 verges de 40 pieds de diamètres et centre bleu de 8 pieds.
   ''Quand les balles vont atteindre les fameux centres de couleur, poursuit-il, il y aura une résonance, un fort bruit se fera entendre. Croyez-moi, cela est très motivant, les joueurs ont tendance à s'appliquer davantage pour justement viser le centre et améliorer leur précision.''
   Plein d'idées
   Si l'on avait continué d''écouter le futur responsable de ce centre parler du projet, on serait encore là à prendre des notes, tellement les idées ne manquent pas. François Langevin est visiblement emballé, très emballé, par le défi et il n'hésite pas à sortir des feuilles de notes et à montrer des images sur cellulaire intelligent pour donner une idée plus concrète du futur centre.
   ''On a même déjà dessiné un parcours pour enfant à travers les trous existants déjà sur le terrain de Beauceville, enchaîne-t-il, enthousiaste comme pas un. Ce seront de courtes allées longues de 30 à 70 verges. Et cela va être gratuit! Il y aura même des endroits pour pratiquer les coups d'approches dans l'herbe longue. On a aussi pensé à des modules pour enfants, un peu à l'écart du champ d'exercice, avec balançoires et glissades!''
   Les idées ne manquent donc pas. Quels en seront toutefois les résultats? À quoi s'attend-il une fois la saison 2015 terminée? Encore là, il est volubile:
   ''Je souhaite que ce projet puisse mettre en place quelque chose de rassembleur, que le centre puisse être utile à tous les clubs de la Beauce. Je souhaite que des écoles de la région embarquent dans le projet et qu'un jour elles offrent un programme scolaire avec golf.
  ''Il faut que ce projet mette des bases solides pour un développement des jeunes golfeurs, qu'il attire les adultes qui eux vont y prendre plaisir et inviter leurs amis, leurs blondes, leurs chums de hockey à s'y rendre à leur tour pour frapper des balles, il faut créer une vague!'', conclut-il, les yeux brillants, rêveurs...
 
*Droits d'auteur Martial Lapointe. Toute reproduction de ce texte doit recevoir l'approbation de l'auteur.
  

lundi 27 octobre 2014

portrait : yannick pilon


   Québec - Au golf, on entend souvent qu'il faut savoir rester concentré, ''rester dans sa bulle'' pour bien jouer. C'est justement là tout le malheur de Yannick Pilon. S'appliquer, demeurer attentif à son jeu s'avère une bien lourde tâche. Et ce n'est pas parce qu'il n'aime pas le golf, loin de là. La faute de ce peu de concentration revient tout simplement à... son métier!
   ''Je regarde partout, j'observe. Je pense à des changements que je pourrais apporter à la fosse de sable devant un vert ou en bordure d'une allée, à l'utilisation différente d'un plan d'eau, à
l'agrandissement possible d'un green, bref, je travaille au lieu de jouer'', de dire cet amateur et passionné qui gagne sa vie comme architecte de golf, comme créateur de défis pour les amateurs de la petite balle blanche.
   Après avoir oeuvré de nombreuses années pour la firme bien connue de Graham Cook, Yannick Pilon vole de ses propres ailes depuis peu. À l'époque où il travaillait pour cette importante firme de design de terrains de golf, il avait agi comme chargé de projet pour la construction du parcours Les Boisés de Joly, entre autres.
   Récemment, il a été responsable de la mise en place du parcours de 12 trous créé au club Le Cerf, à Longueil. Dans le contexte actuel où l'industrie du golf vit des moments d'adaptation peu propices à la création de nouveaux terrains, il gagne sa vie en aidant différents clubs désireux d'apporter des changements ou des améliorations à leur parcours. On lui doit justement le tout nouveau vert du trou numéro un au club Lac Saint-Joseph.
   Dessin à Nicklaus
   Donc rester concentré lors d'une partie de golf demeure tout un défi pour cet amoureux des décors naturels. Et cela depuis l'enfance!
   ''Quand j'étais jeune et que j'accompagnais mon père au golf, j'aimais tout autant regarder et examiner la carte de pointage du club que de frapper la balle, raconte-t-il. Amateur de dessins, j'étais fasciné par ceux qui illustraient chacun des trous du parcours.''
   Un jour, son père l'amène à Myrtle Beach pour un petit voyage de golf. Il avait 15 ans. Il feuillette alors un magazine de golf et tombe sur une pub qui, quelque part, allait être déterminante dans ses choix d'avenir. L'annonce en question en était une de la firme de design du célèbre Jack Niklaus.
   ''Les coordonnées de l'entreprise y apparaissaient, se rappelle-t-il. J'ai donc décidé d'écrire à M. Niklaus. Je lui ai envoyé un de mes dessins de terrains de golf en lui disant que j'aimerais bien travailler dans ce domaine plus tard. Un de ses associés a pris la peine de me répondre et a reconnu la qualité de mes dessins. J'ai su dès lors ce que je voulais faire dans la vie!''
   Comme le bon vin
   Aux yeux de Yannick Pilon, un beau terrain de golf en est d'abord un où les caractéristiques environnementales des lieux ont été mises en valeur et où sa topographie naturelle a été aménagée de façon stratégique. Tout cela compte davantage qu'un milieu bien entretenu, qu'un parcours soigné.
   ''Je pense à ce que l'équipe de Mike Weir a fait à Laval-sur-le-Lac, précise-t-il. Ils y ont construit d'immenses verts permettant des emplacements de fanions qui, d'un jour à l'autre, donnent des conditions de jeu très variées.
   ''Et il y a aussi des terrains qui demeurent des temples du golf sans pour autant être des exemples parfaits de terrains bien entretenus, poursuit-il. Le vieux parcours de St-Andrews, par exemple. Ce terrain brise presque toutes les conventions du golf et pourtant, son design fait en sorte qu'on replonge dans l'essence même du jeu du golf.''
   Pour partager sa passion et pour démocratiser l'architecture du golf, Yannick Pilon a créé un blogue dans lequel il fait part de ses réalisations aux lecteurs, de même que sur la façon dont certains parcours célèbres ont été construits.
   ''J'essaie d'expliquer l'idée avec laquelle l'architecte a débuté son travail pour ensuite obtenir le résultat souhaité, dit-il. Comment tel ou tel parcours renommé a été pensé. Parfois, on admire des terrains sans trop savoir pourquoi ou, plutôt, comment en sont-ils venus à se démarquer par leur décor magnifique ou par l'agréable défi qu'ils représentent. Un peu comme un spécialiste du vin peut le faire avec des grands crus.''
   Adapter les parcours
   Selon lui, la construction de nouveaux terrains par des pros qui élaboraient le design en fonction de leur propre façon de jouer, sera de plus en plus rare. Ceux et celles qui ont déjà joué sur des terrains pensés par Jack Niklaus savent bien que ce grand joueur, excellent avec ses fers longs, a tendance à créer des terrains dont les verts sont très difficiles d'accès. Niklaus dessine aussi des allées coudées vers la droite, lui qui maîtrise les coups gauche-droite.
   Dorénavant, de l'avis de Yannick Pilon, créer des parcours difficiles à jouer sera encore possible, mais il faudra aussi les adapter.
   ''Les adapter à tous les niveaux de golfeurs, souligne-t-il. Car il faut penser la création ou la modification de terrains de golf de manière à attirer les joueurs. La situation n'est pas rose ces temps-ci, je ne le souhaite pas mais il y a sûrement d'autres clubs qui vont disparaître et il faudra que ceux qui restent, vivent bien.
   ''On doit donc trouver des façons d'attirer une clientèle. Il faut amener les jeunes sur les terrains, une bonne partie de la solution passe par ce recrutement.''
   Dans cette industrie si peu en croissance, quel avenir reste-t-il aux architectes de golf?
   ''Il y aura toujours de la place, peu importe d'ailleurs le secteur d'activité, pour les gens qualifiés, pour les passionnés'', tranche-t-il, convaincu.



 *Droits d'auteur Martial Lapointe. Toute reproduction de ce texte doit recevoir l'approbation de l'auteur.

jeudi 23 octobre 2014

portrait : andré gagné



   Boischatel - ''J'ai joué avec bien du monde, mais jamais je n'aurais cru un jour jouer avec mon urologue, celui qui allait traiter mon cancer!''
   Il y a quelques années, lors d'une discussion informelle avec André Gagné (vous savez, le genre d'échange au cours duquel chacun raconte ses histoires, rien pour écrire nécessairement un article, mais c'est toujours agréable et intéressant d'écouter une légende parler), il avait lancé qu'il aimait jouer au golf avec n'importe qui. Peu importe le calibre, il adore le golf, en autant que chacun s'amuse pendant la partie.
   Pourtant on parle ici d'un homme qui compte pas moins de 260 victoires en carrière! Mais il ne fait aucun tri, aucune distinction, il joue avec tout le monde. Le gars discret, modeste même, qui se promène sur les parcours en cumulant les oiselets. Il semble toujours calme et ne donne pas nécessairement l'impression que l'on a affaire à tout un athlète, à un gars qui a engrangé 14 titres majeurs pendant sa carrière qui s'étend sur 50 ans!
   ''Je suis un passionné de ce sport magnifique qu'est le golf'', dit-il sans aucune hésitation et même avec une étincelle dans les yeux, confirmant cet amour total pour sa discipline.
   Et il poursuit: ''On peut penser que la région de Québec, avec son climat aux sautes d'humeur régulières et aux saisons écourtées en raison de sa position géographique, puisse être un handicap majeur à l'accès aux grands titres. Pourtant non! Avec la détermination ferme d'y arriver pour tous les joueurs de ce grand pays, la volonté compense ces aléas.''
   Une intruse
   ''Quel beau joueur!, s'exclame  tout de go le Dr Réjean Roy. Avec M. Gagné, ce n'est vraiment pas stressant de jouer au golf. Il ne force jamais. Et quelle charmante personne. Son épouse également!''
   Le Dr Roy est urologue et il a fait connaissance avec ce golfeur d'exception il y a environ 18 mois. Une intruse venait de s'immiscer dans la vie et dans le corps d'André Gagné, soit une tumeur à la vessie. À l'âge de 68 ans, celui qui a vaincu bien des adversaires sur les allées de golf, allait en affronter un autre adversaire de taille, mais cette fois dans les salles d'hôpital et les bureaux de cliniques médicales.
   ''C'est en février 2013, que l'on m'a diagnostiqué ce cancer de la vessie, se souvient M. Gagné. Je connaissais une perte d'énergie sans trop savoir ce qui se passait. Ce fut par hasard que l'on a découvert la tumeur.
   ''Même si c'est un cancer qui a un bon taux de guérison, m'a-t-on dit, quand une telle nouvelle arrive, le hamster dans ta tête se met à courir assez vite! Là, je voulais tout savoir sur ce qui m'arrivait. Maintenant, j'ai eu plusieurs traitements et c'est correct. Je vais peut-être avoir une autre opération prochainement, d'autres examens vont d'abord  être nécessaires.''
   En parler
André Gagné et son ami Pierre Fleury à l'accueil lors d'un fielday.
   Celui qui sait depuis longtemps maîtriser les coups de bois et de fers, qui sait ne pas paniquer pour mieux performer, avait alors la tête pleine d'idées et de questions. L'inconnu se dressant devant lui n'avait rien de comparable à un putt de 20 pieds pour la victoire...
   ''J'ai alors croisé une amie qui a déjà combattu le cancer, raconte-t-il, et je lui ai fait part de ce que je vivais. Elle m'a donné le conseil de ne pas avoir peur d'en parler. De ne justement pas garder tout cela dans ma tête et d'en parler à qui je le souhaite. Cela m'a aidé.
   ''Je vis donc mieux avec cela, maintenant, ajoute-t-il. Et je suis bien entouré: ma famille et mes proches sont d'une aide précieuse, tout comme mes amis du Royal Québec.''
   Tout un monsieur!
   La maladie l'a tout de même affecté lors de la saison de golf 2014. ''J'ai parfois d'importantes chutes d'énergie et, au golf, quand t'as pas d'énergie... ouf, ça ne marche pas du tout, rappelle-t-il. À la première journée du tournoi Duc de Kent, cette année, c'est ce qui m'est arrivé. Je n'ai pas pu être dans le coup du tout.''
  Il s'agissait de sa 52e qualification à ce tournoi majeur! Pour cet exploit et tous les autres (voir encadré plus bas), on ne peut que mettre un titre sur ce champion: Monsieur Golf. Il n'y a pas que ses prouesses lors des compétitions qui peuvent lui prévaloir ce titre, mais aussi son implication, son bénévolat. Il est de ces dévoués et ardents défenseurs de ce sport dans la région de Québec, dans la province et même au pays!
   ''Oui, c'est tout un monsieur et je ne suis pas le seul à penser cela'', tranche Pierre Fleury, un ami chez Golf Québec qui le côtoie depuis une quinzaine d'années. C'est lui qui a invité André Gagné à faire du bénévolat pour l'organisme gérant le golf dans la région de la Capitale. Les habitués des tournois connaissent très bien ces deux complices qui les accueillent lors des compétitions fieldays, entre autres.
   ''Je n'ai pas eu besoin de le convaincre, poursuit M. Fleury, André a tout de suite accepté de nous donner un coup demain. Non seulement est-il un excellent golfeur, mais c'est un gars serviable, gentil, poli, humble, minutieux, le genre de gars que tout le monde veut avoir comme chum. De plus, on sent qu'il est très respecté dans la région, les gens des clubs de golf le connaissent tous et le respectent.''
   53e Duc de Kent
   Pas de doute, à Québec, André Gagné est Monsieur Golf. Ce n'est pas moi qui lance ce titre le premier, ni son ami Pierre Fleury, plusieurs personnes qui le connaissent l'ont déjà fait sans peut-être jamais lui dire, mais elles le pensaient vraiment.
  Un titre qui lui va bien, surtout quand on sait que ce golfeur qui a 12 trous d'un coup à son actif (!!!), sera encore du Duc de Kent en 2015. Golf Québec a d'ores et déjà confirmé qu'il est invité pour la prochaine édition du tournoi. Et on peut gager que Monsieur Golf va tout faire pour s'y rendre non pas comme invité, mais comme joueur qualifié. ''Il va y avoir deux journées de qualifications au début de l'été au Royal Québec et je vais m'essayer'', assure-t-il.
   Évidemment!

   *Droits d'auteur Martial Lapointe. Toute reproduction de ce texte doit recevoir l'approbation de l'auteur.

lundi 20 octobre 2014

portrait : claude brunet


   Valcartier - Les golfeurs s'immobilisaient, ceux qui allaient s'élancer s'arrêtaient, les regards se tournaient alors, les cous s'étiraient... Mais qui est donc cet effronté osant aller sur les verts avec sa voiturette électrique? ''Ça surprend toujours un peu la première fois'', dit Claude Brunet sur un ton calme et quasi désintéressé, nullement offusqué d'être le point d'attention.
   La scène se passait au club Castor, à Valcartier. Il a fallu le faire remarquer à Claude
Brunet que des yeux curieux se braquaient sur lui car de son côté, il y a longtemps qu'il n'y prête plus attention. Il va jouer au golf, tout simplement, comme tout le monde. Et il est très à l'aise avec sa voiturette adaptée qui roule sur les verts.
   Pour avoir déjà été témoin de remarques qui frôlaient la panique, juste parce que des golfeurs s'aventuraient un peu trop près d'un vert avec leur charriot à main, je m'attendais à plus de réactions pendant les brefs instants passés avec ce golfeur atteint du syndrome de Guillain-Barré. Son état l'oblige à jouer avec un véhicule adapté.
   ''Il arrive parfois que certains ne prennent pas la peine de remarquer ma condition et viennent tout de suite m'engueuler et me faire des reproches. Mais une fois les choses bien expliquées, une fois que je les ai bien rassurés sur le fait que ma voiturette n'abîme en rien les verts, tout rendre dans l'ordre'', précise-t-il.
   ''Il y a aussi ceux à qui cela dérange mais qui n'osent pas lui dire, ajoute sa conjointe Hélène. Ils viennent me voir pour se plaindre. Alors je leur dis que Claude est certes handicapé physiquement mais qu'il n'est pas débile pour autant. ''Allez lui dire'', que je leur réplique aussitôt.''
   Vendredi 13
   Claude Brunet venait à peine d'avoir 18 ans, le vendredi 13 juillet 1979, quand au réveil il a constaté que le bas de son corps ne bougeait plus, ne répondait plus. Dans les jours qui ont suivi, le diagnostic est tombé avec le verdict brutal de finir ses jours dans un fauteuil roulant.
   ''Ce fut un coup de masse en plein front'', émet-il sans détour, se rappelant ces jours difficiles au moment où sa vie d'adulte débutait.
Claude Brunet joue une vingtaine de parties par saison.
   ''Je venais de recevoir mon diplôme d'électricien de chantiers, je me lançais dans la vie mais il fallait tout reprendre à zéro et dans des conditions totalement nouvelles et pas très agréables.''
   Il fait alors une pause dans l'échange, le temps de passer du fauteuil roulant au véhicule adapté pour le golf. Il se concentre sur ses geste mais, en même temps, on devine qu'il rumine sur la suite des choses à dire à propos de ce que la vie lui avait réservé. Puis il s'arrête  brièvement, l'air pensif, ailleurs, et lance convaincu: ''Le sport m'a sauvé!'' Puis il poursuit tout simplement sa tâche, ajustant son siège et bouclant sa ceinture.
   Petites victoires
   À cette époque, il n'y avait pas grand chose d'adapté aux personnes en fauteuil roulant. Alors les séances en centre de réadaptation se sont enclenchées.
   ''Juste monter sur un trottoir était tout un défi dans ce temps-là, relate-t-il. Pendant les séances, j'ai vu des gens en fauteuil qui jouaient au basketball. Cela m'a tout de suite intéressé. J'en suis devenu un véritable adepte. Ensuite, ce fut du côté du tennis que je me suis tourné, puis le curling, puis le golf... Oui, le sport m'a sauvé!''
   L'adepte s'est peu à peu retrouvé au sein de l'élite. Il a ainsi obtenu sa place dans l'équipe provinciale de basketball en fauteuil roulant et a même joint l'équipe canadienne de tennis.
   ''J'aurais pu facilement me laisser aller et dépérir petit à petit, raconte Claude Brunet. Mais je suis retourné aux études et j'ai fait de la compétition sportive. J'y suis allé de petites victoires, une à une, qui m'ont procuré de grandes joies''
   Des voiturettes adaptées
   Lors de la rencontre, il participait au tournoi de golf de son groupe de curling. Le tennis et le basket ont fait place à d'autres activités compte tenu les opérations aux épaules qu'il a subies.
   ''Avec l'âge, le sport intensif et, bien sûr, avec les déplacements en fauteuil, mes épaules y ont goûté. Donc maintenant je joue surtout au curling l'hiver et au golf l'été.''
   Depuis sept ans, près d'une vingtaine de fois par année, Claude Brunet et Hélène Thibeault se promènent sur les terrains de golf. Ils arrivent avec la voiturette de golf adaptée, celle qui fait tourner les têtes.
   ''C'est sûr que si les clubs en louaient, de telles machines adaptées, je n'aurais pas acheté celle-ci, explique-t-il. C'est plus commun en Ontario ou aux États-Unis. Lors d'un voyage à Myrtle Beach, d'ailleurs, un complexe de golf en avait gardé une disponible pour moi tout au long de mon séjour.''
   Quand il réserve ses départs de golf, Claude Brunet ne mentionne pas sa condition. À son arrivée, toutefois, il doit toujours rassurer les gens, leur dire qu'aucun dégât aux verts ne sera fait. Il joue souvent les mêmes terrains et là, plus besoin de justifier quoi que ce soit.
   Le score? Bof!
   Le suivre ou jouer en sa compagnie les premières fois, impressionne. Tous les gestes se font de façon fluide et naturelle, que ce soit la pose du tee et de la balle sur les tertres avec une tige spéciale ou encore les élans à partir de son siège qui se redresse pour lui donner une position debout. Ce n'est pas Claude Brunet et ses partenaires qui retardent le moindrement le jeu, c'est même plutôt accéléré, a-t-on pu être témoin.
   Il n'a aucune gêne à partir des tertres rouges. Son élan n'a rien de compliqué et ses coups sont précis. Avec son bois un, il atteint une distance de 150 verges, ne pouvant exécuter un bon transfert de poids compte tenu la paralysie des membres inférieurs.
   ''C'est surtout les coups d'approches qui me causent problème, mentionne-t-il. Je ne peux pas jouer ces coups près de mon corps à cause du siège. Quelqu'un m'a suggéré de courber les tiges pour pouvoir rapprocher la tête du club vers mes pieds. Je crois que cela pourrait effectivement m'aider à améliorer mes approches.''
   Et qu'en est-il du score? Pour toute réponse, un haussement d'épaule et un ''bof!'' émis avec insouciance. ''Il fait beau, je suis dehors, en compagnie d'amis et je fais du sport...'', glisse-t-il souriant.
   Oui, bien sûr, et c'est encore là une autre petite victoire!

*Droits d'auteur Martial Lapointe. Toute reproduction de ce texte doit recevoir l'approbation de l'auteur.

samedi 18 octobre 2014

compétition : collégial canadien 6


   Québec - Dame Nature ne voulant pas collaborer, la troisième et dernière ronde du Championnat collégial canadien, qui se tenait au club de golf Lorette, n'a pas eu lieu. Certains ont été déçus de ce dénouement, tandis que d'autres s'en sont réjouis, telles les membres de l'équipe féminine des Lions de St. Lawerence couronnées championnes.
   ''C'est déjà bon que l'on ait pu jouer 36 trous, a exprimé l'entraîneur des Lions, Fred Colgan. Depuis le début, la météo va de pire en pire. Nous sommes contents de ces résultats. Les filles récoltent l'or en équipe pendant que sur le plan individuel, Noémie Ouellette gagne l'argent et Océanne Jacques, le bronze.''
Le vainqueur Jarred Callbeck.
   Ces derniers jours, le coach Colgan a souvent parlé du jeune âge de son équipe. D'ailleurs, Ouellette et Jacques en étaient, à 17 ans, à leur tout premier championnat national. Toutes deux, de même que leur coéquipière Nicole Tieman, affichaient un sourire éclatant en cette matinée plutôt terne avec son ciel couvert et sa pluie tombante.
   Seule représentante de son collège Niagara, l'Ontarienne Lorelle Weavers est la grande championne chez les filles.
   L'équipe féminine de University of Fraser Valley termine au deuxième rang, suivie de celle du Heat de UBC Okanagan.
  Quatrième place pour les gars
   L'équipe masculine de St. Lawrence a donc terminé en quatrième position derrière les grands gagnants, les Hurricanes de Holland College de l'Île-du-Prince-Édouard, les Chargers de Camosun College en deuxième position et les Cascades de Fraser Valley en troisième, ceux-là même qui défendaient leur titre.
   ''Il s'agit de notre premier titre national et nous en sommes très fiers, a lancé le coach Blair MacPhail. Je crois que c'est la meilleure équipe que j'ai dirigée en dix années à ce poste. Côté physique et habilité, les gars l'ont, je n'ai pas eu à travailler beaucoup avec eux sur ce point, mais il fallait tout de même gérer l'aspect mental du tournoi. Et voilà, on part avec le trophée!''
   ''Je suis très satisfait de cette quatrième place, a déclaré Fred Colgan. L'équipe est jeune et elle a bien travaillé. L'an prochain, nous aurons encore un groupe de qualité. Ça promet!
   ''C'est dommage, nous n'étions qu'à un coup du podium, a échappé Étienne Papineau. Mais comme notre entraîneur nous l'a dit, c'est sûr que l'on peut chercher longtemps ce coup que l'on a perdu pendant ces deux jours sur le terrain, mais ça ne règlera rien. On a bien travaillé dans l'ensemble, on a offert une bonne performance.''
   Chez les autres équipes du Québec, le cégep André-Laurendeau finit en cinquième position, tandis que Sorel-Tracy termine au dernier rang. ''Nous savions que l'on n'avait peu de chance, c'est pour cette raison que l'on n'est pas déçus, a dit l'entraîneur Christian Manègre. Je suis fier de cette jeune équipe, je pense entre autre au capitaine Anthony Demers qui a joué 78 et 75. Il ne faut pas oublier que ce gars-là fait aussi partie de l'équipe de hockey de l'école. Un athlète à double statut qui se débrouille très bien.''
   Callbeck champion
   Il s'était pointé à Québec avec en tête la victoire, il repart donc en disant mission accomplie; Jarred Callbeck, de Camosun College remporte donc la compétition sur le plan individuel, après deux rondes de 68 et 70.
   ''J'aurais bien aimé jouer la troisième ronde, mais voilà, c'est ainsi. L'équipe avait aussi des chances de l'emporter si l'on avait pu jouer la dernière partie. C'est quand même une belle façon de terminer une carrière collégiale'', a dit le jeune homme qui recevra son diplôme en décembre et se retrouvera ensuite sur le marché du travail.
   Hugo Bernard, des Boomerangs du Cégep André-Laurendeau, termine deuxième, tandis qu'Adam Poulin prend la troisième place.
   Ce dernier a dit sauver sa saison avec sa médaille de bronze. ''Je n'ai pas connu un très bel été au niveau compétition, a précisé le jeune homme. On se souvient surtout de nos dernières prouesses et celle-ci va me laisser un bon souvenir, je vais passer un plus bel hiver.''
   Déception
   Quant à Hugo Bernard, cette deuxième place laisse un goût amer, lui qui en était à son dernier tournoi collégial avant d'aller joindre les rangs d'une université américaine en janvier. ''Je suis déçu de la pluie...'', s'est-il contenté de dire, exprimant ainsi sa déception de ne pas avoir eu la chance de disputer le dernier match.
   Son entraîneur Benoît Lemieux aussi n'appréciait pas l'annulation du troisième match. ''Je ne suis pas satisfait de la façon dont le tournoi se termine, je crois que l'on aurait dû jouer. On visait un top 5, c'est là que l'on termine, mais avec la performance d'Hugo et des autres joueurs, on aurait pu gagner des rangs.''
   C'est sur ce même ton désappointé que s'est exprimé l'entraîneur de Fraser Valley, Chris Bertram. ''Nous somme venus jouer au golf..., a-t-il glissé, plein de sous-entendu. Je crois que nous aurions au moins dû essayer de jouer, pas d'annuler ainsi la troisième ronde.''
   ''Je comprends les déceptions, mais comme je suis de St. Lawrence, je n'ai pas participé à la prise de décision, a souligné le président du tournoi, Christian Brosseau. Ce sont les officiels et le surintendant qui ont convenu, devant l'état détrempé du terrain, qu'il était préférable de ne pas jouer la dernière ronde.''
   Fraser Valley sera l'hôte du tournoi en 2015.


*Droits d'auteur Martial Lapointe. Toute reproduction de ce texte doit recevoir l'approbation de l'auteur.

vendredi 17 octobre 2014

compétition : collégial canadien 5


   Québec - ''Disons que ce fut un aigle assez facile!''
    Sourire en coin, Hugo Bernard a vite fait de résumer comment il a joué le 14e trou du club Lorette, une normale cinq plutôt étroite de 471 verges, lors de la deuxième ronde du Championnat collégial canadien. Il n'en a fait qu'une bouchée!
   ''Un coup de bois 1, un coup de fer 8 et un putt d'un pied'', a-t-il défilé fièrement, rappelant que cet aigle venait de conclure quatre trous payants et lui procurer une marque finale de 68, soit moins quatre.
   Avec sa ronde de moins un la veille, l'athlète du Cégep André-Laurendeau se retrouve donc en deuxième position. Une journée plus encourageante que celle de mercredi.
   ''Comme la veille, j'ai commencé de façon ordinaire, mais je me suis finalement repris sur le deuxième neuf, a-t-il expliqué. Quand je suis arrivé au 11e trou, je jouais la normale. J'ai collé des oiselets aux 11e et 12e, puis une normale au 13e trou avant d'inscrire de l'aigle au 14e. Cela me donne confiance pour la dernière ronde.''
   À l'aise sur les verts
   Co-meneur mercredi avec Étienne Papineau des Lions de St. Lawrence, Jarred Callbeck des Chargers du collège Camosun à Victoria, en Colombien-Britannique, a joué un excellent moins deux dans le froid, le vent et la pluie qui ont marqué cette deuxième ronde. Il aborde la fin du tournoi seul en tête avec moins 6, un coup devant Bernard.
   ''Je suis vraiment à l'aise sur les verts ces jours-ci et cela paraît dans mes scores. Mes petits fers aussi, mes wedges surtout, vont bien. Depuis le début je suis le plan de match et j'entends bien poursuivre ainsi lors de la dernière partie'', a dit celui qui aimerait bien terminer son dernier tournoi en tant qu'étudiant, avec une victoire, individuelle ou d'équipe, peu importe.
   Son collègue Grant Maskiewich a aussi joué moins deux en cette deuxième journée pour se retrouver à égalité en 4e place. Lui aussi attribue ses succès à son jeu sur les verts. ''En plus de bien putter, a-t-il précisé, je joue bien avec mes fers courts.''
   De fortes émotions
   Du côté des Lions du collège St. Lawrence, l'équipe féminine mène toujours le bal avec neuf coups d'avance sur les Cascades de Fraser Valley. Sauf que la meneuse Océanne Jacques a connu un premier neuf de plus sept qui l'a reléguée au troisième rang individuel, derrière Lorelle Weavers de Niagara Falls et sa partenaire des Lions, Noémie Ouellette.
   La jeune athlète a terminé avec une marque de 82 qu'elle a eu beaucoup de difficulté à accepter. ''Tout allait mal'', s'est-elle contentée de dire, trop bousculée par de fortes émotions.
   Selon son entraîneur Fred Colgan,Océanne Jacques est cependant assez forte, comme joueuse, pour revenir dès la partie suivante.
   Chez les garçons, leur équipe (à +8) se retrouve au quatrième rang. Adam Poulin a été le meilleur du groupe avec un score de 71, ce qui lui donne un total de moins 4 et une troisième position derrière Callbeck et Bernard.
   ''La première journée, j'ai raté un tout petit roulé pour l'oiselet et aujourd'hui, la même chose, au huitième trou, même pas un pied de long et je ne l'ai pas calé. Cette fois, par contre, c'était pour la normale. J'ai donc commis un bogey. Au moins, je me suis repris au neuvième trou, qui était le dernier pour moi et où j'ai fait un long roulé d'une soixantaine de pieds. La balle n'est pas tombée mais il ne restait que quelques pouces pour assurer le par'', a-t-il raconté.
   Adam Poulin a aussi dit apprécier la position de son équipe. ''Nous sommes toujours dans la course et on le dit depuis le début, c'est d'abord l'équipe'', a-t-il insisté.
   ''Je crois que les filles et les gars sont en excellente position. Si les boys sortent forts dès le départ, nous aurons du plaisir sur le deuxième neuf... Même si nous sommes jeunes!'', a rappelé le coach Colgan.
   Holland en tête
   Les Hurricanes du collège Holland, sur l'Île-du-Prince-Édouard, mènent le classement par équipe avec plus un. Ils sont suivis de Camosun  (+4) et Fraser Valley (+7). Pour ce qui est des autres équipes québécoises, les Boomerangs d'André-Laurendeau sont au cinquième rang (+12) alors que les Rebelles de Sorel-Tracy sont en 14e position.
   Pour la troisième et dernière ronde, la météo menaçante a encore été l'objet de discussions, les organisateurs parlant même d'y aller de départs simultanés pour tous les joueurs. Toutefois, en fin de journée, le statu quo était maintenu, les quatuors formés selon l'ordre des meneurs s'élanceront à partir de 9h, comme prévu. La situation sera réexaminée au matin.
*Droits d'auteur Martial Lapointe. Toute reproduction de ce texte doit recevoir l'approbation de l'auteur.

jeudi 16 octobre 2014

compétition : championnat collégial 4


   Québec - L'un a débuté sa partie avec un aigle, l'autre l'a terminé avec trois oiselets dans les derniers trous et deux filles ont décidé de prendre les commandes du tournoi... bref les Lions du collège St. Lawrence sont vraiment dans la course à l'issue de la première ronde du Championnat canadien qui se tient au club Lorette.
   ''Mes coups d'approches m'ont sauvée! Quand je n'atteignais pas les verts, j'arrivais toujours à placer ma balle tout près du trou grâce à mes courts coups d'approche. On va essayer de continuer dans ce sens pour les prochaines rondes'', a dit celle qui mène le tournoi chez les filles, Océanne Jacques, auteure d'une partie de 76.
   Sa partenaire Noémie Ouellette a pour sa part joué 79 sur le terrain à normale 73 pour les filles. Sa marque combinée à celle de Jacques donne plus 9, soit quatre coups de mieux des Cascades de Fraser Valley, l'équipe championne de 2013.
   ''J'ai bien frappé la balle, elle allait où je voulais, surtout avec mes longs bâtons, mais sur les verts... ouf!, a échappé la jeune Ouellette. Je n'arrivais pas à ajuster mes roulés selon la vitesse des verts. Je vais pratiquer cet aspect de mon jeu en vue de la prochaine partie.''
   Celle qui complète le trio, Nicole Tieman, a connu une mauvaise ronde de 90. Les deux meilleurs scores comptent pour l'équipe.
   Du côté de Fraser Valley, Jen Woods, qui a terminé deuxième l'an passé, a joué 79. ''Ce n'est pas nécessairement une bonne partie, mais compte tenu de la pluie et des conditions, je suis assez satisfaite, a-t-elle précisé. À moi de me donner de meilleures chances pour les oiselets lors du prochain match.''
   Papi et Poulin
   Du côté des garçons, Étienne Papineau est co-meneur du tournoi avec Jarred Callbeck des Chargers du collège Camosun en Colombie-Britannique. Tous deux ont joué 68.
   ''J'ai bien putté mais du côté des coups de départs, j'ai été un peu croche. Pour la prochaine partie, je vais tenter d'être plus constant et plus précis quand je serai sur les tertres de départ'', a mentionné celui que ses coéquipiers surnomment Papi et qui a commis un bogey mais cinq oiselets, dont trois aux derniers trous, soit les 15, 17 et 18.
   Quant à Adam Poulin, il a ouvert la machine en partant, y allant d'un aigle au trou numéro un. Il a clôturé sa ronde à 69.
   ''Mais j'ai fait un mauvais bogey au troisième trou, a-t-il précisé. Je me suis toutefois repris dès le trou suivant avec un oiselet. Sur la normale cinq, au cinquième, j'ai commis quatre roulés alors que j'avais atteint le vert en deux! J'ai ensuite calé l'oiselet au huitième trou et sauvé un gros par au neuf. Cela m'a relancé.''
   Au total de l'équipe, en prenant les quatre meilleures marques, les Lions sont à plus trois, tout comme les joueurs du Holland College. Devant eux, à plus un, Fraser Valley et Camosun sont en tête.
   Bernard et Huxham
   Parmi les autres joueurs du Québec à surveiller, soit Hugo Bernard et David Huxman, qui ont respectivement terminé premier et deuxième sur le circuit collégial de la province, cet été, ils affichaient une certaine déception même si le tournoi est toujours à leur portée. Bernard a joué moins 1, tandis que Huxham y est allé de la normale.
   ''J'ai fait des erreurs, je n'ai pas vraiment bien putté, en somme je suis déçu, a émis Hugo Bernard, joueur du collège André-Laurendeau. J'ai sorti du premier neuf à moins deux, j'ai descendu à moins trois pour finalement commettre deux affreux bogeys aux derniers trous. Je me sentais pourtant très bien, j'étais en bonne condition même s'il pleuvait, alors oui, c'est une déception. Mais il reste d'autres rondes.''
   David Huxham, qui représente le collège John Abbott de Montréal, a pour sa part parlé d'une partie en dents de scie. ''J'ai terminé le premier neuf à moins trois et le deuxième à plus trois, c'était inégal. Je vais devoir mieux putter les prochains jours.''
   Coach satisfait
   Commentant le travail de son équipe, l'entraîneur des Lions, Fred Colgan, s'est dit satisfait que ses joueurs et joueuses aient ramené les résultats attendus.
   ''C'est un bon départ, mais il reste 36 trous, a-t-il rappelé. Toutefois, les gars et les filles sont en forme, l'énergie est toujours là.''
   Colgan a ajouté que la première place occupée par les filles n'est pas étrangère au travail de son assistant Julien Marchand. Ce dernier a suivi l'équipe féminine tout au long de la partie.
   ''J'étais là pour leur rappeler de garder les choses simples, a dit Marchand, autant dans les calculs que dans l'attitude. Mais ce sont là les résultats d'une seule journée, il en reste deux.''
   Mais justement, reste à savoir si le tournoi se déroulera bel et bien sur trois jours comme prévu, étant donné la météo menaçante annoncée et qui soulevait bien des inquiétudes, chez les responsables, à la fin de cette première journée de compétition.


*Droits d'auteur Martial Lapointe. Toute reproduction de ce texte doit recevoir l'approbation de l'auteur.

mercredi 15 octobre 2014

compétition : collégial canadien 3



   Québec - Depuis des années, à l'issue du Championnat collégial canadien, c'est toujours une fille du collège St. Lawrence qui est couronnée championne. Est-ce que cette année, alors que le tournoi se met en branle ce mercredi au club Lorette, l'exploit va se répéter et non seulement au niveau individuel mais aussi pour l'équipe?
   ''On a de bonnes joueuses qui figurent parmi les favorites, alors pourquoi pas? On pourrait avoir une belle surprise du côté de l'équipe'', émet l'entraîneur Fred Colgan lorsque croisé après le meeting de son équipe.
    Donc d'une année à l'autre, lors de cette compétition, une fille du collège St. Lawrence termine avec les grands honneurs. Lors des onze dernières années, cela s'est produit dix fois! Les Valérie Tanguay (2 fois), Josée Doyon (2), Anne-Catherine Tanguay (2), Sara-Maude Juneau (2), Catherine Fortin et Anne-Josée Béland ont déjà été couronnées.
   Sauf qu'il n'y a jamais eu de victoires d'équipes (lors des deux derniers événements, le collège n'avait pas d'équipe féminine). Cette année, avec le trio de Noémie Ouellette, Océanne Jacques et Nicole Tieman, il y a de l'espoir selon leur entraîneur.
   ''On se complète''
   Selon Colgan, le mot puissance rime avec Océanne Jacques, constance avec Noémie Ouellette et passion avec Nicole Tieman. Cette dernière arrive du collège John Abbott, de Montréal, qu'elle a quitté cet été pour se joindre à l'équipe de Québec. Elle est la seule à avoir déjà vécu l'expérience des championnats canadiens. Elle admet volontiers qu'elle est une vraie passionnée du golf.
   ''J'ai 19 ans et j'ai commencé à jouer à 16 ans, précise-t-elle. J'ai eu le coup de foudre! Oui, j'adore le golf, je suis une vraie de vraie passionnée!''
   Quant aux deux autres, même si elles sont recrues, elles croient beaucoup en leurs chances.
   ''Je crois que Noémie est aussi puissante que moi et que de mon côté, je sais aussi être constante dans mon jeu, dit Océanne Jacques. Mais chacune de nous a des atouts dans son jeu. Noémie est très forte sur les verts alors que moi, je me débrouille plutôt bien avec mes courts coups d'approche.''
   ''On se complète très bien, enchaîne Noémie Ouellette. Océanne et moi on joue ensemble et on s'affronte régulièrement sur les circuits depuis notre secondaire un. Et là, avec Nicole, nous formons un bon trio. Nous sommes trois bonnes joueuses et même si ce n'est que notre première année pour St. Lawrence, je crois que nos chances sont bonnes.
   ''Nous souhaitons toutes les trois, continue Noémie, bien faire pour l'équipe. C'est là-dessus que l'on met le focus, sur l'équipe. Comme c'est notre première année, nous ne connaissons pas les autres joueuses, c'est la première fois que nous les affrontons, alors on ne peut pas faire de comparaison et d'évaluation. On va donc jouer en équipe, on va s'encourager toutes les trois.''
   Et Océanne Jacques d'ajouter: ''On vient s'entraîner au Lorette à tous les vendredis. On connaît bien le terrain et cela est pour nous un avantage. Oui, on a de bonnes chances et on va tout faire pour les saisir.''
   Jen Woods
   Par ailleurs, s'il y en a une qui sait à quoi s'attendre pour ce tournoi, c'est bien Jen Woods de l'University of Fraser Valley en Colombie-Britannique. L'an dernier, les équipes féminine et masculine de son école ont toutes les deux été les grandes gagnantes de l'événement. sur le plan individuel, Jen Woods a terminé deuxième derrière Valérie Tanguay. Cette année, toutefois, le premier rang, rien de moins, est celui qu'elle vise.
   ''Il n'y a pas d'autre plan que celui de la victoire'', répond-elle de façon directe et confiante, lorsque abordée à ce sujet.
   ''Je veux finir première. Mon golf est bon et je sais le défi que représente ce tournoi et je veux le relever. Au cours de la dernière année, j'ai beaucoup travaillé l'aspect mental de mon jeu et je sais que cela va m'aider cette semaine.''
   L'entraîneur de Frazer Valley, Chris Bertram, croit aussi que sa protégée a de très bonnes chances de l'emporter car en plus d'avoir amélioré son approche mental face au golf, Jen Woods est une fière compétitrice.
   ''C'est une joueuse de première classe, soutient Chris Bertram. Elle frappe très bien la balle et a de très bonnes mains avec le putter. Quand tu as de bons coups de départ et que tu es à l'aise sur les verts, tes chances sont très bonnes. Et cela, Jen le fait très bien.''
   La compétition se met en branle aujourd'hui et le public est invité à voir ces jeunes bourrés de talent s'affronter. Un bon spectacle en perspective.

*Droits d'auteur Martial Lapointe. Toute reproduction de ce texte doit recevoir l'approbation de l'auteur.
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''On bâtit pour l'avenir''


 ''Nos chances sont minces, on ne se le cache pas, mais il y a tout de même une certaine fierté d'être ici, mentionne Christian Manègre, entraîneur des Rebelles du Cégep Sorel-Tracy. L'équipe est jeune et nous construisons pour l'avenir. Notre programme n'existe que depuis trois ans et déjà, à chaque année, nous nous qualifions pour le Championnat canadien. Trois en trois, c'est pas mal!'' Sur la photo, de gauche à droite: Olivier Ménard, Scott Tessier, l'entraîneur Christian Manègre, Marc-Antoine Lavaléée, Alex Plante-Perron et le capitaine Anthony Demers.

mardi 14 octobre 2014

compétition : collégial canadien 2



   Québec - Quand on demande à Hugo Bernard, 19 ans, qu'est-ce qu'il veut faire plus tard, dans la vie, il répond sans aucune hésitation, un petit sourire au coin des lèvres mais tout de même très sérieux : ''Gagner des tournois sur le circuit de la PGA.''
   Rien de moins! Non seulement veut-il un jour se retrouver sur le plus grand circuit de golf au monde, il veut y aller pour gagner le plus souvent possible.
   Alors à son coach Benoît Lemieux, du collège André-Laurendeau de Montréal, on pose la question: Qu'est-ce qui retient l'attention quand on suit Hugo Bernard depuis des années? Lui aussi y va aussitôt d'un rictus amusant avant de répondre : ''Trois mots: discipline, discipline et discipline.''
   ''Hugo frappe des coups semblables à ceux effectués par les meilleurs joueurs de la planète, explique Benoît Lemieux. Il poursuit son apprentissage, sait qu'il y a encore certaines choses à améliorer, mais il fait tout cela de façon très, très disciplinée.
   ''Je le suis depuis plusieurs années, continue l'entraîneur. Il a déjà été un athlète plutôt paresseux. Au secondaire trois, il a pris une pause du programme sports-études. Mais quand il est revenu, l'année suivante, il n'était plus le même. Depuis le secondaire quatre, on a affaire à tout un bon joueur! Il a toujours eu beaucoup de talent, c'est un excellent gaucher, mais depuis ce retour il agit comme un pro.''
   Honnêteté
   Oui, d'accord, le jeune joueur, qui part parmi les favoris pour gagner le Championnat collégial canadien débutant ce mercredi au club Lorette, à Québec, fait preuve de beaucoup de discipline, depuis quelques années. Ce qui l'a d'ailleurs propulsé parmi les meilleurs espoirs du golf québécois.
Sauf qu'il y a une autre qualité dont il fait preuve et qui n'est pas passée inaperçue récemment, soit l'honnêteté.
   L'été dernier, son honnêteté a fait les manchettes quand au deuxième jour du tournoi Alexandre de Tunis, alors qu'il était meneur, il s'est lui-même retiré parce qu'il avait joué la veille avec un bâton endommagé, ce qui n'est pas permis en compétition.
   Tu as songé à cela toute la nuit et le lendemain tu as décidé d'en aviser l'arbitre?, lui a-t-on demandé.
   ''Non, pas du tout, lance le jeune homme homme de six pieds et trois pouces. Quand je suis arrivé au champ d'exercice, le matin de la deuxième ronde, j'ai vu que mon wedge avait un petit bris sur la prise. J'en ai tout de suite parlé à l'arbitre en sachant très bien que je serais disqualifié. Mais il fallait que je le fasse. C'est cela aussi, le golf, c'est de l'honnêteté.''
   Floride ou Tennessee
   Pour Hugo Bernard, il s'agit vraisemblablement de son dernier tournoi collégial canadien, cette semaine au Lorette. Il en est à sa dernière cession d'études à André-Laurendeau. Il lui reste à terminer quatre cours académiques lui permettant d'obtenir son diplôme et ainsi prendre la route, dès janvier prochain, des États-Unis.
Benoît Lemieux croit beaucoup en les chances d'Hugo bernard.
   ''Quelques universités, dont celle de la Floride, avec les Gators, entre autres, m'ont approché. Et cette semaine, des gens de l'Université du Tennessee viennent me rencontrer ici, pendant le tournoi'', mentionne-t-il.
   ''C'est pour cela que ce championnat est une belle occasion pour lui, de dire le coach Lemieux. Avec ses objectifs universitaires du côté des États-Unis, la compétition de cette semaine le plongera justement dans ce qu'il va vivre souvent là-bas. Pour lui, c'est une bonne épreuve et je suis confiant qu'il peut la gagner. Il est ici pour cela.''
   ''Je devrai être patient, lance de son côté le principal intéressé. Cela se passe sur trois jours, 54 trous, c'est un bon défi. Mais j'aime les défis, surtout s'ils sont gros.''
   Par 13 coups!
   Cet été, Hugo Bernard a délaissé les circuits amateurs de la province pour se concentrer sur les tournois collégiaux. Ce fut une bonne idée, estime son entraîneur, et ce fut même payant. Il a remporté le championnat provincial, récemment, en jouant 68 et 69, devançant son plus proche rival par 13 coups.
    Après avoir quitté l'Alexandre de Tunis, il n'a pas vraiment bien joué la semaine suivante au Duc de Kent. Quant au Championnat amateur provincial, il n'y est pas allé. Il a préféré aller travailler comme cadet de Dave Lévesque, lors de l'Omnium canadien.
   ''Ce fut une belle expérience, dit-il, une belle occasion de côtoyer les meilleurs, d'une certaine façon.''
   Il a vu à quel point les Furyk, Kuchar, Watney et compagnie savent rester concentrer sur ce qu'ils ont à faire, à quel point tout leur entraînement est axé sur eux, nullement sur ce que les autres joueurs font. Alors effectivement, une très belle occasion pour lui de voir ce qu'il doit lui-même faire car, après tout, c'est là qu'il veut aller? Il le dit lui-même sans jamais hésiter, il veut gagner sa vie plus tard en remportant des tournois de la PGA.
  

*Droits d'auteur Martial Lapointe. Toute reproduction de ce texte doit recevoir l'approbation de l'auteur.

lundi 13 octobre 2014

compétition : collégial canadien 1


   Québec - Une centaine de jeunes golfeurs canadiens de niveau collégial débarquent à Québec, cette semaine, pour disputer le championnat national. Du lot, il y a quelques favoris dont l'un est associé au Collège Champlain St. Lawrence, soit Étienne Papineau. Mais le jeune homme ne veut en rien faire figure à part, faire cavalier seul.
   ''Oui, bien sûr que j'aimerais sortir de ce tournoi avec les grands honneurs, mais c'est d'abord et avant tout une affaire d'équipe. Tout le travail est axé là-dessus: l'équipe d'abord. Ce serait bien que notre collège l'emporte'', de dire, tout modeste mais déterminé, le jeune espoir.
   Fier compétiteur
   Lorsque rencontré au club Lorette, là où la compétition démarrera ce mardi 14 octobre, Étienne Papineau était arrivé à l'avance au rendez-vous. Plutôt que d'attendre sagement au chalet, il a tout de suite sorti quelques balles, pris son fer droit et s'est installé sur le vert de pratique. Il n'était pas là pour passer le temps, loin de là : il s'appliquait dans ses coups roulés, faisait des exercices et demeurait concentré.
   À le voir agir de la sorte, on comprend mieux pourquoi il y a quelques années, l'entraîneur Fred Colgan est allé le chercher à Saint-Jean-sur-Richelieu pour le joindre à son équipe de Champlain St. Lawrence.
   ''Étienne est un fier compétiteur'', répond sans détour Colgan interrogé au sujet des qualités du jeune qui vient tout juste d'avoir 18 ans. Puis il ajoute : ''Il est très constant, régulier dans ses coups et d'une très grande précision.''
   L'athlète en herbe a connu une bonne saison, malgré un début plutôt lent, saison au cours de laquelle il s'est retrouvé au Japon pour le Championnat mondial junior.
   ''En 2013, j'avais remporté les championnats juniors provinciaux, alors j'ai pu faire partie de l'équipe canadienne et me rendre au mondial de 2014, raconte-t-il. Heureusement, car mon début de saison n'a pas été très bon. Toutefois, au Japon, j'ai débloqué. J'ai réalisé ma meilleure performance pour finir 15e au monde!
   ''Ensuite, tout allait mieux. J'ai finalement terminé ma saison au Québec avec une première place au provincial et en tête du classement général.''
   Bernard à surveiller
   L'équipe du collège Champlain St. Lawrence sera donc composée, du côté des gars, d'Étienne Papineau, d'Adam Poulin, de Jérome Gaudreault, de Charles-David Trépanier et d'un cinquième joueur à déterminer. Chez les filles, Océane Jacques, Noémie Ouellette et Nicole Tieman défendront les couleurs de leur école.
   ''Nous sommes solides, lance Étienne Papineau. J'ai confiance. On a une bonne équipe et nous sommes prêts pour ce championnat.''
   À noter qu'en 2012 et 2013, la grande championne de cette compétition canadienne provenait de Champlain St. Lawrence, soit Valérie Tanguay qui, cette année, ne peut y participer compte tenu du fait qu'elle fera bientôt le saut dans une université américaine.
   Par ailleurs, parmi les autres joueurs Québécois, à surveiller Hugo Bernard, du collège André-Laurendeau de Montréal. 
   Fraser Valley
   Les équipes championnes de 2013, autant masculine que féminine, représentaient l'université Fraser Valley, de la Colombien-Britannique et, selon le président du comité organisateur, M. Christian Brosseau, ils seront encore à surveiller cette semaine.
   ''Du côté féminin, Jen Woods, vice-championne l'an dernier, doit être considérée comme favorite. Par contre, elle aura de la compétition notamment celle de Noémie Ouellette et Océane Jacques de St. Lawrence'', a-t-il mentionné dans un échange de messages.
   Le tournoi débute ce mardi avec la ronde de pratique. La compétition officielle s'enclenche le lendemain jusqu'à vendredi. L'accès au golf Lorette est gratuit pour suivre ces jeunes dont certains feront sûrement encore les manchettes dans quelques années en raison de leurs exploits sur les allées.
   Au total, 14 équipes masculines et 7 féminines, en provenance de toutes les provinces, sont au rendez-vous.

*Droits d'auteur Martial Lapointe. Toute reproduction de ce texte doit recevoir l'approbation de l'auteur.

jeudi 9 octobre 2014

compétition : max gilbert


   Québec - ''Je sais que j'ai ma place et je suis confiant d'y arriver car, d'une année à l'autre, je constate une progression. Alors j'y crois.''
   Quiconque a déjà côtoyé Max Gilbert sait très bien que le jeune homme de Saint-Georges fait preuve d'un calme presque désarmant. Pas le plus stressé, comme on dit. Alors quand, au bout du fil, il parle de ses ambitions, de ses projets de carrière dans la jungle des circuits professionnels de golf, c'est sur ce ton posé et jamais emporté qu'il s'exprime.
   ''Quand Max revient à Saint-Georges, il joue des parties avec les membres et jamais il ne les stresse, jamais il ne met de la pression sur les autres. Il n'a rien d'un vantard et il en oublie presque sa partie tellement il évite d'être le point d'intérêt'', raconte Mario Fecteau, le pro au club de Saint-Georges qui suit avec intérêt le cheminement de ce golfeur qu'il a vu grandir.
   ''Ici, à Saint-Georges, on n'a connu aucun golfeur de son calibre. Il est à part'', soutient-il.
Mario Fecteau estime que Max Gilbert a atteint un autre niveau.
   Le meilleur Québécois
   Max Gilbert doit-il à cette attitude calme, entre autres qualités, le fait qu'il soit actuellement le premier golfeur du Québec dont le nom apparaît dans la liste du classement mondial? Il est 857e, au total, le 17e meilleur joueur en provenance du Canada et il devance même un certain Stephen Ames!
    ''Je crois que depuis deux ans, reprend Mario Fecteau, Max a atteint un autre niveau. Ce n'est plus le bon joueur qui, de temps à autre, échappe un 64 ou un 65 sur un parcours. Non, maintenant il est capable d'enligner quatre rondes de suite avec d'excellentes marques.''
   À l'automne 2013, quand il a remporté le Championnat du PGA Tour Canada, il avait justement joué moins 20!
   Tournoi bénéfice
   Il en était alors à sa première saison sur ce circuit. Vraiment une belle façon de terminer cette première année en remportant le championnat lors du dernier tournoi.
   Cette victoire lui a permis d'avoir un statut officiel sur le circuit pour l'année suivante. En 2014, les premiers tournois n'ont pas été ses meilleurs, ratant la coupure à quelques reprises, mais il a quand même signé une 5e place au Wildfire Invitational au mois d'août.
   ''Je termine au 66e rang du PGA Tour Canada, précise Max Gilbert. Je n'ai pas un statut officiel mais presque. Je vais pouvoir quand même jouer la majorité des tournois en 2015.''
    Son premier coach, Fred Colgan, signale que les tournois où il a raté la coupure, ce fut de très peu, par un ou deux coups à chaque fois.
   La compétition sur le circuit canadien fait en sorte que Max Gilbert soit peu connu au Québec, malgré la qualité de ses performances. Alors les commanditaires ne se bousculent pas. Le club de Saint-Georges organise justement un tournoi bénéfice en son honneur le 18 octobre.
   ''Il s'agit de la troisième édition mais la première à laquelle je ne pourrai pas y être, dit-il. Il va falloir s'organiser avec Skype...''
   Latino Tour et le Web.com
   Car lundi le 6 octobre dernier, le jeune homme s'envolait pour le Mexique afin d'y disputer des tournois sur le Latino Tour. Quand tu as ta carte pour le PGA Tour Canada, tu es automatiquement membre du Latino Tour, les deux circuits se complètent d'une saison à l'autre.
   ''J'ai deux tournois au programme sur ce circuit qui ont lieu au sud de Mexico, mentionne-t-il. Par la suite, j'irai en Californie pour les qualifications sur le circuit Web.com.''
   Issu du programme du Rouge et Or, Max Gilbert se plaît sur le circuit canadien et, comme tous les autres joueurs qu'il côtoie, il ambitionne monter quelques marches vers les sommets.
   ''J'ai la chance de jouer avec des amis qui étaient dans l'équipe du Rouge et Or en même temps que moi, soit Charles Côté et Sonny Michaud. C'est super qu'ils soient là!''
   Le putting?
   Quand il a rejoint les rangs du PGA Tour Canada, Max Gilbert s'était dit qu'il allait faire une évaluation de son parcours trois ans plus tard. Maintenant qu'il entreprend justement cette troisième année, l'heure n'est pas encore aux prises de décisions mais ce qu'il voit, soutient-il, est encourageant.
   ''Je verrai bien dans un an, mais pour l'heure, je ne suis pas déçu. Je fais des progrès d'une année à l'autre, alors j'ai toujours plus confiance.''
   Selon Mario Fecteau, le jeu de Max Gilbert est excellent, tout se joue maintenant sur le putting. ''C'est là qu'il doit être plus constant, à mon avis'', estime le pro de Saint-Georges.
   ''Il y a deux ans, poursuit-il, un petit stage d'ajustement des bâtons avec Titleist lui a été très utile. Je dirais même que c'est après cela qu'il a haussé le niveau de son jeu, ce niveau où les parties de 63 ou 64 arrivent de façon plus régulière.''
   Aux yeux de celui qui l'a entraîné dans le junior, soit Fred Colgan, le Beauceron est avant tout un joueur de feeling. ''On ne peut guère le guider pour corriger un problème de putting. Toutefois, quand Max maîtrise ses coups roulés, il est le meilleur, personne ne peut le battre. Malheureusement, l'inverse est aussi vrai.''
   La majorité des joueurs qui graduent ces dernières années sur le Web.com, le jeune Beauceron les a côtoyés, les a affrontés. Il sait à quoi s'en tenir. Dans quelques jours, il tentera donc sa chance de les suivre et de les accompagner sur ce chemin menant vers la PGA. Rappelons-le, il est calme, guère pressé et il n'a que 24 ans. Dans 12 mois, il verra bien où il est rendu.

*Droits d'auteur Martial Lapointe. Toute reproduction de ce texte doit recevoir l'approbation de l'auteur.

lundi 6 octobre 2014

actualité : relance


   Boischatel - ''Il ne faut pas dénaturaliser ce sport. Oui, les trous de 15 pouces à l'occasion, ou encore le ''soccer golf'' de temps en temps, mais si l'on veut maintenir le nombre d'adeptes d'une année à l'autre, il faut plutôt ajuster les longueurs de parcours en fonction du niveau d'habilité de chaque golfeur et golfeuse.''
   Dans la vague de réflexion pour relancer l'industrie du golf, les suggestions apparaissent ici et là depuis quelques années. Les terrains de 12 trous, les coupes de 15 pouces et le  footgolf où les participants, à coups de pied, doivent faire entrer un ballon de soccer dans un trou de 21 pouces, les idées émergent ici et là.
   Il y a aussi celle de varier les longueurs de parcours, sans même y placer divers jalons de départ, et elle est lancée par Fred Colgan, enseignant bien connu de Québec à la tête de l'académie de golf portant son nom, soit l'AGFC.
   ''Nous perdons des adeptes à chaque année parce que plusieurs d'entre eux ne se réalisent plus dans ce sport, soutient-il. Ils se lassent de ne jamais s'améliorer et même de voir leurs performances se détériorer. Il faut faire quelque chose pour leur donner le plaisir de continuer à jouer sans pour autant dénaturaliser la discipline.''
   De 200 000 à 100 000
   Selon lui, à une époque pas si lointaine, on estimait à 200 000, en Amérique du Nord, le nombre d'amateurs de golf qui quittaient ce sport à chaque année. Sauf qu'il y en avait tout autant, soit
200 000, qui s'initiaient au golf et remplaçaient par la même occasion ceux qui abandonnaient.
   ''Personne, de dire Colgan, ne se posait la question à savoir pourquoi autant de joueurs et de joueuses quittaient à tous les ans. Il y en avait 200 000 autres qui prenaient leur place, alors tout allait bien. Jusqu'au jour où de 200 000 nouveaux adeptes, il n'y en a eu que 100 000. Voilà que maintenant on ne construit plus de nouveaux terrains, mais on en ferme. Et on cherche des solutions.''
   Le pro de l'enseignement croit qu'il faut dorénavant aménager les parcours en fonction du coup de départ de chacun de amateurs. Tous se créent un parcours en fonction de la distance obtenue avec leur bois un.
Fred Colgan croit à des terrains aux distances ajustées.
   ''Il est souhaitable d'avoir au moins douze opportunités, lors d'une partie, d'atteindre les verts en coups réglementaires, explique-t-il. Le but, c'est d'avoir du plaisir mais quand on ne s'améliore jamais et, au contraire, notre niveau de jeu décline, cela ne donne pas le goût de continuer.''
   Il estime également que l'on pourrait même en venir à des terrains sans tertres de départs. Chaque joueur s'installe où il veut, selon la longueur qu'il a choisie pour chacun des trous. Dans ce cas-là, pourquoi ne pas installer plus de jalons entre les bleus pour l'élite et les rouges pour les femmes?
   ''Il y a des joueurs qui ont  pratiqué le golf de nombreuses années, précise Fred Colgan, et qui voient peu à peu la qualité de leur jeu décliner. Ils prennent de l'âge, leur habilités diminuent et les résultats ne leur plaisent guère. Mais aller dire à quelqu'un qui a déjà joué à partir des départs bleus d'aller s'élancer sur les jalons rouges, il ne voudra pas. Cela ne lui tentera même pas. Alors l'idée de s'installer là où la distance correspond aux longueurs souhaitées, même dans l'allée s'il le faut, apparaît plus juste pour tout le monde.''
   Sept golfeuses volontaires
   Lors du dernier camp junior de l'Académie de golf Fred Colgan, le printemps dernier en Floride, l'expérience a été tentée auprès des 18 participants. Le premier jour, tout le monde a joué le terrain sur une distance de 4600 verges. Pour pouvoir reculer le lendemain, il fallait jouer la normale ou mieux. La majorité reculait à chaque jour. Ceux et celles qui sont allés le plus loin, jusqu'à 7500 verges dans certains cas, ont d'ailleurs connu une excellente saison de golf cet été, notamment Charles-Éric Bélanger.
   Récemment, sept golfeuses du club Royal Québec ont joué une ronde sur une distance de 4500 verges, plutôt que 5400. On parle de bonnes joueuses dont l'index varie entre plus 2 et plus 11. Elles ont apprécié.
   ''J'ai aimé, a commenté Hélène Labrie, l'une des bonnes golfeuses de la région, mais pour moi le golf demeure un sport de compétition et je préfère jouer des terrains de 5400 verges et plus. Le golf est un sport merveilleux qui peut être joué à tout âge et sur des distances variées.''
   Quelques-unes ont fait la comparaison entre les terrains au Québec et ceux joués en hiver dans les états plus au sud. ''Ça ne roule pas ici, dans les allées'', ont-elles dit pour la plupart.
   ''Quand j'étais au Bic, à Rimouski, a raconté Sylvie Morais, le terrain me permettait de jouer d'excellentes rondes. J'ai même le record du parcours à 68. Mais depuis que je suis au Royal Québec, la longueur du parcours et les allées où la balle ne roule guère me rendent la tâche plus difficile.''
   Quelque part, l'idée est de permettre à chacun et chacune d'avoir de l'intérêt à jouer en se confectionnant un parcours selon une longueur idéale. Aux membres intéressés, maintenant, de faire des démarches dans ce sens auprès des directions de clubs.
   ''On perd des adeptes souvent parce
qu'ils ne sont pas satisfaits de leur jeu, termine Fred Colgan. Si on peut les aider à rester plus longtemps actifs, tant mieux. C'est pas facile d'améliorer des adultes. On peut diagnostiquer leurs problèmes et les aider. Mais de là à leur permettre de jouer avec aisance des terrains de 7000 verges et plus, c'est une autre histoire. Vont-ils vouloir faire comme les juniors et aller s'entraîner en gymnase, faire du work out et autres exercices comme les pros?''

*Droits d'auteur Martial Lapointe. Toute reproduction de ce texte doit recevoir l'approbation de l'auteur.
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L'expérience du footgolf au club Lac Saint-Jean

   Après les bâtons, les coups de pied! C'est ce que les membres et visiteurs au club de golf Lac Saint-Jean, près d'Alma, ont pu voir à quelques reprises au cours de la dernière saison. En effet, en fin d'après-midi, quand l'achalandage diminuait, la direction du club invitait les amateurs de soccer à jouer sur son terrain au footgolf.
   ''Notre objectif a été atteint, de dire le pro Keven Fortin-Simard. Vers 15h, bien souvent, c'était tranquille au club. Alors des amateurs de soccer venaient jouer. En moyenne, on a eu une cinquantaine de personnes à chaque semaine pour le footgolf.''
   Un petit tournoi en fin de saison a lui aussi attiré plus de 50 joueurs qui ont formé des équipes pour l'occasion. Selon le professionnel du club, l'expérience va être renouvelée l'an prochain.
   En gros, le principe est d'atteindre, à coups de pied dans le ballon, un trou de 21 pouces de diamètre sur les mêmes principes du golf. Le trou en question se trouve soit dans l'allée, soit dans le rough. Un couvercle y est déposé lorsque les amateurs de golf y jouent leur ronde. Les normales trois sont longues entre 60 et 100 verges, les normales quatre entre 100 et 160, tandis que celles de cinq couvrent entre 160 et 230 verges.
   ''On voulait aussi démystifier un peu l'image parfois austère que les gens ont du golf, a ajouté Keven Fortin-Simard, et on a aussi atteint notre objectif de ce côté-là.''


*Droits d'auteur Martial Lapointe. Toute reproduction de ce texte doit recevoir l'approbation de l'auteur.

jeudi 2 octobre 2014

portrait : les légaré



   Difficile de trouver maison familiale plus baignée dans l'atmosphère du golf que celle des Légaré à Donnacona. Certes, avec un terrain de golf situé juste derrière, cela doit sûrement aider. Sauf qu'à écouter quelques-unes des membres de cette famille, on voit bien qu'il y a plus, qu'il y a la passion, bien sûr!
   ''Quand  nous étions enfants, dès que l'on pouvait accompagner nos parents sur le terrain de golf, nous y allions. Les plus jeunes restaient à la maison et s'amusaient, pendant ce temps-là, à frapper des balles de golf en plastique dans la cour arrière'', raconte Joanne Légaré, les yeux qui s'illuminent en évoquant ces souvenirs.
   Au départ, l'idée derrière cette rencontre avec les Légaré de Donnacona était de raconter l'histoire de cette mère de famille, Adrienne, qui pendant des années se promenait d'un tournoi à l'autre avec ses trois filles. Chacune faisait de la compétition dans sa classe respective. D'ailleurs, les actuelles championnes du club de golf de Donnacona, après le tournoi de 2014, sont Nathalie Légaré dans la classe A, sa soeur Joanne dans le B et leur soeurette Sylvie dans le D.
   À noter que la gagnante de la classe C est une certaine Louise Saint-Yves, épouse de Denis Légaré... Eh oui!, l'un des fils de Mme Adrienne Légaré. Il a lui aussi quelques titres à son actif, ayant été champion de son club en 2000, 2009 et 2011. On pourrait aussi ajouter qu'il y a une petite fille du nom de Amélie Roy qui a été championne dans la classe A en 2013 et dont la maman s'appelle Joanne Légaré...
   Des titres mais aussi du bonheur
   La rencontre a donc lieu dans la résidence des parents dont la cour arrière est limitée par une clôture séparant la propriété des Légaré du trou numéro 8 du parcours de Donnacona. Les trois filles sont là, entourant leur mère et aussi leur papa René qui, quelque peu à l'écart, écoute les femmes raconter leurs belles aventures de golf. C'est quand même lui qui a initié tout ce monde, toute cette descendance, au golf.
   Elles placotent de bon coeur, sourient à de beaux souvenirs évoqués et s'esclaffent lors d'anecdotes marrantes qui refont surface. Les titres remportés au fil des ans par chacune d'elles sont énumérés mais les trois soeurs et la maman reviennent souvent sur le plaisir qu'elles ont eu et ont toujours au golf, sur ce bonheur et cette chance de vivre tout cela.
   ''Nous, enchaîne l'aînée des trois, Joanne, on suivait notre mère tout simplement d'un tournoi à l'autre. Elle nous a donné le goût de la compétition et on le faisait juste par plaisir. L'idée n'était pas d'aller faire les fieldays en se disant que ce serait spécial que les trois filles et leur mère soient au même tournoi en même temps. Non et bien souvent, on s'inscrivait chacune de notre côté sans savoir si les autres allaient jouer le tournoi.''
   Elle fait une pause et semble s'évader brièvement dans le passé. Puis elle regarde ses soeurs et sa mère et lance, toute joviale et même un peu émue: ''Le Filles Open!'' Les trois autres approuvent de la tête et à leur tour elles font un petit saut dans le passé, visiblement ravies de se rappeler ce tournoi qui se tenait au club Lac Saint-Joseph.
Replonger dans les souvenirs avec l'époux et père, René.
   ''Il y a une dizaine d'années, reprend Joanne, nous avions participé à ce tournoi par équipes et nous jouions les quatre ensemble. À un moment donné, pendant la partie, l'une d'entre nous avait fait la remarque que nous étions chanceuses de vivre cela, d'être là, mère et filles, partageant notre passion. Cette fois-là, on avait vraiment réalisé que l'on vivait quelque chose de beau en famille.''
   Trois fois par semaine
    À 83 ans, Adrienne Légaré ne fait plus de tournoi depuis environ quatre ans. Pendant des années, elle était de toutes les compétitions.
    ''J'aimais cela affronter les autres golfeuses, explique-t-elle sans aucune prétention. C'était de belles occasions de se retrouver entre femmes qui partagent la même passion, le même intérêt pour ce sport. Et on en profitait pour aller jouer d'autres terrains à prix raisonnable.''
   Elle a peut-être cessé la compétition mais pas le golf, surtout pas. Elle joue encore trois fois par semaine son 9 trous qu'elle marche. Parfois, les vendredis, elle en joue 18 avec un groupe de femmes. À l'occasion, son mari René l'attend avec une voiturette motorisée au dernier trou, dont le vert se trouve tout en haut dans une pente abrupte, question de lui éviter une montée épuisante en fin de partie.
   ''Sur les allées, insiste-t-elle, j'ai passé des journées merveilleuses et j'en passe encore. J'aime toujours cela, le golf.''
   Exploits
   Pendant l'entrevue, quand ses filles prennent la relève pour répondre aux questions, Mme Légaré replonge dans ses albums de coupures de presse ou de photos accumulées tout au long de ces nombreuses années de golf. Une maniaque, une vraie! Dans ces albums, il y a même des documents concernant les règles officielles du golf! ''C'est important de bien connaître les règlements'', échappe-t-elle sérieusement.
   Elle fouille et fouille, referme un album et se dirige vers sa chambre où il y a encore plein d'autres pièces de souvenirs. Elle revient avec d'autres coupures de presse, d'autres photos et d'autres cartes ou diplômes. Elle brandit alors fièrement son Méritas pour le meilleur esprit sportif remporté en 2009.
   Au fil de toutes ces années, il y a eu des titres et des victoires, mais pas nécessairement de très, très grands exploits, convient-elle, surtout beaucoup de beaux moments. Puis elle tire d'un album un petit carton, l'examine un peu avant de jeter un coup d'oeil amusé vers son mari.
   ''Ça c'est un exploit!'', s'exclame-t-elle tout sourire, exhibant le carton en question et sur lequel il y est écrit que René et Adrienne Légaré ont célébré leur 60 ans de mariage il y a cinq ans. C'est donc dire que dans quelques semaines, soit en décembre, ils atteindront les 65 ans de vie commune! En passant, 65, c'est une beau score!

*Droits d'auteur Martial Lapointe. Toute reproduction de ce texte doit recevoir l'approbation de l'auteur.